Fibre optique : la RDC prépare quatre concessions de 20 ans pour 11 600 km de dorsale

La République démocratique du Congo prévoit de confier à des opérateurs privés la construction et l’exploitation de 11 600 km d’extension de sa dorsale nationale en fibre optique. Le réseau sera réparti en quatre lots géographiques distincts, exploités dans le cadre de concessions d’une durée de 20 ans devant être attribuées à l’issue d’un appel d’offres international.
Ces précisions figurent dans un avis publié le 23 septembre 2026 pour le recrutement d’un cabinet chargé du suivi et du contrôle des travaux. Elles apportent de nouveaux éléments sur le modèle économique et contractuel retenu pour cette infrastructure, dont le gouvernement préparait encore le montage avec les acteurs du marché en juin 2026.
Le schéma retenu repose sur un partenariat public-privé (PPP) assorti d’un financement d’appoint, présenté dans les documents du projet comme destiné à couvrir le « gap d’investissements ». Ce mécanisme doit permettre de financer la part des investissements que l’équilibre économique des concessions ne permettrait pas de supporter seul.
L’appel d’offres pour les quatre lots doit être organisé selon une procédure internationale à une étape et deux enveloppes, permettant de distinguer l’évaluation des propositions techniques de celle des offres financières.
Quatre concessions à superviser en 40 mois
Le cabinet qui sera retenu devra assurer, pour le compte du ministère des Postes et Télécommunications, le suivi et le contrôle de la réalisation des quatre lots. Sa mission consistera notamment à vérifier la conformité des travaux aux spécifications techniques, aux normes de qualité, aux exigences environnementales et sociales ainsi qu’aux délais contractuels.
Son intervention couvrira l’ensemble du cycle de réalisation des ouvrages, depuis les études d’exécution et les réceptions en usine jusqu’au suivi des travaux sur le terrain et à leur réception définitive. Elle portera à la fois sur les infrastructures passives et sur les équipements actifs du réseau.
Le consultant devra également fournir au maître d’ouvrage l’assurance technique nécessaire à la libération progressive du financement d’appoint. Son contrôle devra ainsi permettre de vérifier l’avancement et la conformité des investissements avant le décaissement des ressources prévues dans le cadre de ce mécanisme.
La mission doit démarrer en juin 2027 et s’étendre sur 40 mois. Les manifestations d’intérêt pour le recrutement du cabinet sont attendues au plus tard le 14 octobre 2026 à 14 heures. La sélection doit être effectuée selon une méthode fondée sur la qualité et le coût, dans le cadre d’une mise en concurrence internationale.
En juin 2026, le gouvernement avait organisé une consultation du marché afin d’affiner le montage technique, financier et contractuel du projet. Le réseau était alors présenté comme devant s'étendre sur plus de 11 500 km. Le nouvel avis précise désormais un linéaire de 11 600 km, une répartition en quatre lots géographiques et une durée de concession de 20 ans. Ces éléments permettent de préciser le modèle envisagé pour associer les opérateurs privés à la construction et à l’exploitation de l’infrastructure.
La dorsale constitue l’une des principales infrastructures du Projet de transformation numérique (PTN). Celui-ci bénéficie d’un financement de 400 millions de dollars de la Banque mondiale et d’un cofinancement de 100 millions d’euros de l’Agence française de développement (AFD). Ces enveloppes concernent toutefois l’ensemble du PTN et ne doivent donc pas être assimilées au coût de construction des seuls 11 600 km de fibre optique.
Le recrutement du cabinet de supervision constitue une étape préparatoire à la réalisation de l’infrastructure. L’une des prochaines étapes déterminantes sera l’appel d’offres international devant permettre l’attribution des quatre lots aux futurs concessionnaires. Plusieurs paramètres financiers restent toutefois à préciser. Les documents disponibles ne donnent pas encore le montant du financement d’appoint qui sera mobilisé, son poids dans le coût total de l’infrastructure ni le niveau d’investissement attendu pour chacun des quatre lots.