Il y a un an, la Gen Z provoquait un changement de pouvoir à Madagascar

Le 25 septembre 2025, des manifestations de la jeunesse éclataient à Madagascar contre les coupures récurrentes d'eau et d'électricité, avant de se transformer en contestation générale du pouvoir . Un an après le début des troubles, le bilan est mitigé en ce qui concerne la satisfaction des revendications de la Gen Z .
Les jeunes Malgaches s’interrogent sur l’avenir d’un mouvement qui avait provoqué la chute de l’ancien président Andry Rajoelina et dont les bénéfices semblent avoir été recueillis par les militaires au pouvoir.
Certaines revendications de cette jeunesse ont été prises en compte, mais dans d'autres domaines, il reste encore beaucoup à faire. C'est ce que constate Ranto Andriamandimbisoa, qui était en première ligne lors des manifestations, il y a un an.
"Sur la question des délestages, comparée à la performance du régime précédent, il y a quand même eu des améliorations, même si ce n'est pas encore parfait. La Gen Z est plutôt satisfaite", assure le jeune Malgache .
Il précise par ailleurs que "la deuxième cause du mouvement de la Gen Z, c'est la démocratie et la liberté d'expression surtout". Selon lui , "la Gen Z communique sur la répression des opinions" et il y a eu "des membres de la Gen Z qui ont été détenus temporairement à cause de leur appel à une nouvelle manifestation."
Une partie des militants de la Gen Z accuse le pouvoir militaire de reproduire certaines pratiques de l'ancien président, notamment en matière de répression et d'arrestations d'opposants.
Raoto Andriamanambe, journaliste et analyste politique, parle plutôt d'une divergence d'intérêts qui affaiblit la voix des jeunes.
Pour lui, "il y a une polarisation au sein même du mouvement Gen Z entre ceux qui ont été nommés à des postes et ceux qui sont restés en périphérie de l'administration." Mais il estime qu'il y a toujours "des revendications qui sont en cours".
Il donne l'exemple "d'une revendication sur une meilleure gouvernance, sur la transparence et surtout autour de la dissolution de certaines institutions. Et surtout, il y a des revendications sur le fait que certains proches de l'ancienne administration ne devraient plus faire partie de l'administration actuelle."
Les jeunes manifestants sont conscients que malgré certaines améliorations et une prise en considération de leurs revendications, à travers la consultation nationale de la jeunesse, ceux-ci doivent rester vigilants.
Laudruna Razanatahiry était, elle aussi, présente lors des manifestations de la Gen Z, il y a un an. Selon elle, les jeunes " ont obtenu une reconnaissance institutionnelle. Mais cette reconnaissance doit se traduire en résultats concrets dans la vie quotidienne et en réformes durables."
Pour la jeune militante, "c'est justement là que se situe le rôle de la Gen Z aujourd'hui : rester engagée, instruite, constructive et vigilante. Non pas seulement pour contester, mais pour avoir aussi des engagements qui se traduisent par le civisme, par le patriotisme et surtout par l'action."
À partir de ce 25 septembre et pour une durée d'une semaine, une série d'événements sont programmés à Antananarivo, la capitale malgache, ainsi que dans les cinq autres provinces, pour marquer le premier anniversaire du mouvement de la Gen Z à Madagascar.