Mines en RDC : les jeunes du Lualaba réclament des actes après les promesses de la Première ministre

Depuis New York, la RDC affirme vouloir tourner la page de l'exportation des minerais bruts. À l'Onu, la Première ministre, Judith Suminwa, a défendu une transformation accrue du cuivre et du cobalt sur le territoire national. Une annonce qui suscite des réactions dans la province du Lualaba, la principale région minière du pays.
Certains jeunes Congolais saluent cette orientation et espèrent que celle-ci se traduira par la création d'emplois locaux. Mais ils attendent surtout que cette ambition se concrétise sur le terrain.
Le message porté par la Première ministre Judith Suminwa à la tribune de l'Onu, qui prône la transformation sur place des minerais congolais, résonne particulièrement au Lualaba, la province au cœur de l’ exploitation du cuivre et du cobalt en RDC .
À New York, la cheffe du gouvernement congolais a affiché la volonté de faire évoluer le rôle du pays dans la chaîne de valeur minière.
"Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l'économie mondiale, nous entendons devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain. Nous voulons transformer davantage de cobalt et de cuivre sur notre territoire. Développer les précurseurs des batteries et les composants industriels, former nos ingénieurs, soutenir nos chercheurs et intégrer nos entreprises aux chaînes de valeur mondiale."
Au Lualaba, cette orientation est accueillie favorablement par des jeunes qui y voient une possibilité de renforcer l'emploi et les retombées économiques locales.
Nana Mujinga, jeune Lualabaise, espère qu' "il y aura énormément d'emplois pour les jeunes Congolais" . Elle poursuit, confiante : "Il y aura également une augmentation de la valeur ajoutée pour la RDC. Je crois que c'est d'ailleurs l'un des principaux enjeux parce que vendre une matière rapporte moins que vendre un produit transformé. Ça va favoriser également l'économie, donc ça va générer davantage de recettes publiques pour la RDC."
Mais pour cette jeunesse, l'annonce doit désormais franchir l'étape de la concrétisation, comme le confie Fiston Karumb : "En tant que jeune de la province du Lualaba, nous attendons la concrétisation sur le terrain de ce qui a été dit et de ce qui a été promis. C'est-à-dire que les autorités arrivent à faire le suivi sur le terrain, afin que cette transformation des minerais soit concrète au niveau local."
Pour l'expert en mines, Ferdinand Muteb, cette transformation suppose toutefois de franchir un cap industriel majeur. "Le gouvernement veut faire passer la RDC d'un modèle essentiellement extractif à un modèle de valorisation minérale intégrée , résume-t-il. La référence aux précurseurs de batteries renvoie à une montée en gamme dans la chaîne de valeur du cobalt et du cuivre, avec davantage de valeur ajoutée locale."
"Mais cette ambition, poursuit-il, exige des conditions précises : énergie, infrastructures, compétences techniques et un véritable écosystème industriel. Selon moi, le véritable défi pour la RDC, c'est de passer de la simple production minière à une véritable industrialisation minéro-métallurgique."
Dans la province du Lualaba, où le cuivre et le cobalt occupent une place centrale dans l'économie, le défi est donc que cette richesse du sous-sol génère davantage de compétences et d'emplois sur le territoire.