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Onu : ce que des dirigeants africains ont dit à la tribune

DW Afrique · Carole Assignon · 24 septembre 2026 · Source originale

Crises sécuritaires, financement, dette, développement et représentation internationale… À la tribune des Nations unies , les dirigeants africains ont évoqué plusieurs sujets lors de leur discours.

Voici un résumé de quelques-unes de ces interventions.

À l'Assemblée générale des Nations unies à New York, la cheffe du gouvernement congolais Judith Suminwa a défendu à la tribune le maintien de l'engagement de l'Onu en RDC. Elle estime que la présence de la Monusco doit continuer à répondre aux réalités sécuritaires sur le terrain.

Selon Judith Suminwa Tuluka, " la Monusco continue de jouer un rôle essentiel dans la protection des civils, le suivi du cessez-le-feu et le soutien des mécanismes convenus ."

À l'Assemblée générale des Nations Unies, elle a indiqué que toute modification de la présence de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) devrait être déterminée par la situation sécuritaire sur le terrain, le renforcement des capacités nationales et la garantie qu'aucun vide ne sera créé au détriment de la population.

Judith Suminwa Tuluka a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités nationales. Sur le plan économique, elle a plaidé pour une transformation locale des ressources minières du pays.

" Nous ne voulons plus être un simple rouage de l'économie mondiale ; nous voulons devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain, a déclaré la Première ministre congolaise. Nous souhaitons transformer davantage de cobalt et de cuivre sur notre territoire, développer des précurseurs de batteries et des composants industriels, former nos ingénieurs, soutenir nos chercheurs et intégrer nos entreprises aux chaînes de valeur mondiales. Avec nos partenaires africains et internationaux, nous voulons construire des chaînes de valeur régionales compétitives qui créent des emplois, des compétences et une prospérité partagée ."

Justin Nsengiyumva, Premier ministre du Rwanda, lors de son allocution, a estimé que l'Onu a été plus efficace dans la réponse aux crises que dans leur anticipation, comme le démontre selon lui l'est de la RDC.

Il a déclaré que "pendant plus de trois décennies, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont propagé une idéologie génocidaire, commis de graves violations et menacé directement la sécurité du Rwanda, y compris par le biais d'attaques transfrontalières". Selon le chef du gouvernement rwandais, les FDLR opèrent désormais "aux côtés de troupes burundaises et de milices et mercenaires parrainés par la République démocratique du Congo (RDC)".

Les racines du conflit dans l'est de la RDC sont politiques et résident dans des revendications de long terme, l'exclusion et des échecs de gouvernance, a-t-il analysé en en déduisant que "la solution, par conséquent, doit être politique".

Le Premier ministre a salué les accords de Washington entre le Rwanda et la RDC ainsi que le processus de Doha entre la RDC et les AFC/M23 comme "autant de pas dans la bonne direction". Il a appelé tous les acteurs, y compris le Conseil, à appuyer ces efforts, tout en assurant que le Rwanda appuie pleinement les efforts diplomatiques en cours pour parvenir à une telle solution.

À la tribune de l'Onu, le président de la République de Guinée , Mamadi Doumbouya , qui a également pris la parole le mercredi 23 septembre devant les chefs d'État et de gouvernement réunis à New York. Il a consacré, lui, son intervention aux transformations engagées dans son pays, la Guinée. Il a également parlé de gouvernance, d'infrastructures et de valorisation des ressources naturelles.

Dans son discours, Mamadi Doumbouya a notamment défendu l'idée d'un modèle de gouvernance adapté aux réalités historiques, sociales et culturelles des pays africains. Il a insisté sur le fait qu'il avait déjà tenu un "discours de vérité". " J'avais dit que le modèle de gouvernance importé, sans discernement, sur notre continent, peinait à porter les fruits attendus par nos populations. Je le maintiens ", a-t-il rappelé.

Il a aussi présenté le projet Simandou 2040, qui est un mégaprojet minier et d'infrastructure en Guinée. Un projet centré sur l'exploitation de l'un des plus grands gisements de minerai de fer au monde. Le projet est destiné à accompagner la transformation structurelle de l'économie guinéenne sur les quinze prochaines années.

"Chaque réduction budgétaire décidée à New York ou dans une capitale lointaine se traduit sur le terrain par un espace laissé aux groupes armés." , c'est l'une des déclarations faites par Faustin-Archange Touadéra , le chef d'État de la République centrafricaine.

À l'Assemblée générale des Nations Unies, il a assuré que : " le financement humanitaire a chuté à des niveaux jamais atteints depuis 2016. L'aide publique au développement est en baisse. Les opérations de maintien de la paix, y compris dans mon propre pays, ont dû réduire leurs patrouilles, fermer des bases et suspendre les initiatives de dialogue local. [...] C'est un cercle vicieux. "

Il a également appelé " à une solidarité régionale et internationale à la hauteur des défis ". Selon le dirigeant centrafricain, son pays " aspire à assumer pleinement la responsabilité de sa propre sécurité ". Il alerte par ailleurs que "tout retrait de la Minusca doit être progressif, fondé sur des critères objectifs et mutuellement convenus, et non sur un calendrier arbitraire déconnecté des réalités du terrain."

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