CongoNews

À Abidjan, la situation complexe des déplacés dans une école

DW Afrique · Julien Adayé · 24 septembre 2026 · Source originale

Des bancs scolaires, des tableaux… mais aussi des matelas, des vêtements et des effets personnels. C'est le décor inhabituel de l'école primaire publique Bad-Lonaci, à Koumassi-Campement, dans le Sud d'Abidjan en Côte d'Ivoire .

Depuis le déguerpissement du quartier, en juin dernier, plusieurs familles ont trouvé refuge dans l'enceinte de l'établissement. Avec la rentrée scolaire, les élèves ont repris les cours, tandis que certaines familles déplacées sont toujours sur place.

Une cohabitation rendue nécessaire par l'absence de solution de relogement, explique Maimouna Haidara qui fait partie des familles qui ont dû aménager dans l'école.

‘'Les élèves, les parents d'élèves, les instituteurs sont venus. On nous a demandé de libérer l'école parce que les parents d'élèves se plaignent" précise-t-elle tout en assurant que "ce n'est pas un plaisir de rester à l'école et d'empêcher les élèves de venir en classe. Nous-mêmes, ça ne nous plaît pas. C'est pourquoi nous demandons de l'aide, qu'ils viennent à notre secours.''

Dans les salles de classe , les conditions de travail sont difficiles. Les effectifs sont importants et certains élèves doivent se partager les bancs, parfois jusqu'à quatre par banc. Une situation qui suscite l'inquiétude et la colère.

‘' La situation, ça ne nous arrange pas parce que les enfants sont assis par terre. Ils ne peuvent même pas écrire. Ils vont faire les cours comment ? Moi, mon fils, il est en classe pour l'examen et ça ne nous arrange pas. Il ne peut pas travailler. Ma fille est en CE2. Pareil, elle est derrière et il n'y a pas de place. Donc, on demande que l'État vienne en aide à ceux qui occupent les classes, pour que nos enfants puissent travailler. '' déplore Solange Yaba, parent d'élève.

Pour certaines familles, les conséquences du déguerpissement se font également sentir sur la scolarité des enfants.

Plus d'une semaine après la rentrée, Virginie Kassy, elle-même victime de l'évacuation de Koumassi-Campement, n'a toujours pas inscrit son enfant.

Elle dit s'inquiètee pour son enfant. "Qu'est-ce qu'elle va devenir ? Parce que je dois payer pour aller l'inscrire. Je n'ai même pas d'argent, alors je fais comment ?" s'interroge-t-ell.

" On nous promet, on nous dit venez... Le maire est venu nous rassurer '' précise toutefois Virginie.

Sollicités pour expliquer les dispositions prises pour gérer cette situation, les responsables de l'établissement n'ont pas souhaité répondre à nos questions. Dans cette école, deux réalités se côtoient désormais au quotidien.

Pour les élèves, une nouvelle année scolaire vient de commencer. Pour les familles déguerpies, une autre bataille se poursuit : celle de retrouver un toit et des conditions de vie dignes.

À Abidjan, la situation complexe des déplacés dans une école — CongoNews