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RDC : cinq critères de convergence atteints, le franc congolais conserve ses gains à l’ABCA

Zoom Eco · Kiala Curnis · 20 septembre 2026 · Source originale

La République démocratique du Congo arrive au terme des Réunions annuelles des Banques centrales africaines à Nairobi avec cinq critères de convergence macroéconomique de premier rang respectés sur cinq. Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso Nkualoloki, a pris part le 18 septembre au 48ᵉ Conseil des Gouverneurs de l’Association des Banques Centrales Africaines, après la réunion du Bureau tenue le 16 septembre 2026. La BCC exerce actuellement la présidence de la sous-région Afrique centrale au sein de l’Association. Le rapport préparé pour les réunions de Nairobi l’identifie parmi les Banques centrales membres du Bureau à ce titre. Sur les 53 pays évalués dans le Programme de Coopération Monétaire en Afrique, 17 ont satisfait simultanément aux cinq critères de premier rang en 2025, soit 32,1 %, contre 12 en 2024. La RDC appartient à ce groupe. Ces critères imposent une inflation inférieure ou égale à 7 %, un déficit budgétaire ne dépassant pas 5 % du PIB, un financement de l’État par la Banque centrale limité à 5 %, des réserves extérieures couvrant au moins trois mois d’importations et une dette publique inférieure à 65 % du PIB. Le tableau détaillé présenté à Nairobi classe la RDC comme ayant atteint chacun de ces cinq seuils. L’évolution des prix fournit l’un des chiffres les plus marquants. L’inflation est passée de 11,69 % fin 2024 à 2,27 % fin décembre 2025, nettement sous l’objectif de moyen terme de 7 % de la BCC. La Banque centrale relie cette décélération notamment au raffermissement du franc, à la baisse de certains prix importés et au resserrement monétaire appliqué pendant une partie de l’année. Le mouvement sur le marché des changes a été encore plus prononcé. Au 31 décembre 2025, le dollar valait 2.181,39 CDF sur le marché interbancaire. Le franc congolais avait ainsi gagné 30,44 % face au dollar par rapport à fin 2024. Sur le marché parallèle, l’appréciation atteignait 24,09 %, avec un taux de 2.309,38 CDF pour un dollar. Une large partie de ce gain a été conservée en 2026. Le 17 septembre, soit la veille du Conseil des Gouverneurs de l’ABCA, le cours indicatif publié par la BCC ressortait à 2.268,20 CDF pour un dollar, contre 2.278,75 CDF la séance précédente. Les prix restent parallèlement sous le seuil de convergence de l’ABCA. Au 12 septembre 2026, l’inflation en glissement annuel s’établissait à 3,363 %, selon les données publiées par la BCC à partir des statistiques de l’INS. Le cumul depuis le début de l’année atteignait 6,974 %. La position extérieure s’est également renforcée. Les réserves internationales ont atteint 8,18 milliards USD à fin juin 2026, correspondant à 3,12 mois d’importations de biens et services, contre 7,89 milliards USD et trois mois de couverture à fin décembre 2025. La détente de l’inflation a accompagné un assouplissement progressif de la politique monétaire. Le 17 juillet, la BCC a ramené son taux directeur de 13,5 % à 12,5 %, après l’avoir déjà réduit au cours des mois précédents. La Banque centrale a parallèlement introduit une maturité de 252 jours pour ses Bons BCC afin d’élargir ses instruments de gestion de la liquidité. À Nairobi, la RDC intervient aussi dans les discussions sur l’harmonisation des politiques monétaires africaines. La BCC fonctionne actuellement avec un régime de change flexible et un ciblage des agrégats monétaires. Pour l’Afrique centrale, les travaux prévoient une convergence progressive des cadres analytiques, opérationnels, stratégiques et institutionnels avant une évolution vers le ciblage de l’inflation. Cette feuille de route a été renforcée à Kinshasa le 27 février 2026 sous la présidence du Gouverneur Wameso. Elle prévoit notamment l’uniformisation des analyses économiques d’ici décembre 2026, l’alignement des cadres statistiques en juin 2027, la finalisation des réformes institutionnelles et statistiques d’ici décembre 2028 et des travaux sur l’évolution des régimes de change en 2029. Les données présentées autour des réunions de Nairobi placent ainsi la séquence monétaire congolaise dans des ordres de grandeur précis : cinq critères de premier rang respectés en 2025, une inflation ramenée à 2,27 %, un franc apprécié de 30,44 % sur le marché interbancaire sur l’année, puis maintenu autour de 2 270 CDF pour un dollar en septembre 2026, avec 8,18 milliards USD de réserves à fin juin. Flory MUSISWA

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