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RDC : fiscalité et ressources naturelles, l’IGF met en avant le contrôle systémique

Zoom Eco · Kiala Curnis · 19 septembre 2026 · Source originale

La Conférence internationale sur la fiscalité et la gestion des ressources naturelles du Bassin du Congo s’est achevée le vendredi 18 septembre 2026 à la Paris School of Economics, avec un accent particulier sur la mobilisation des recettes publiques et la sécurisation des revenus issus des ressources naturelles. Pendant cinq jours, experts, professionnels et décideurs ont échangé sur les enjeux liés à la fiscalité, à la valorisation des ressources naturelles et à l’amélioration de leur contribution au développement économique des pays du Bassin du Congo. La République démocratique du Congo (RDC) a pris part à ces travaux à travers plusieurs institutions, notamment l’Inspection générale des finances (IGF), la Société nationale d’électricité (SNEL), la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM), l’Agence nationale de l’entrepreneuriat au Congo (ANEP), l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX) et l’Institut national de préparation professionnelle (INPP). Cette participation a notamment permis de confronter les expériences et d’examiner les mécanismes susceptibles d’améliorer la mobilisation des recettes publiques et la gouvernance des ressources naturelles. Au cours de la conférence, l’Inspecteur général des finances, chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a présenté l’approche de l’IGF en matière de sécurisation des revenus générés par les ressources naturelles. Selon cette approche, une ressource naturelle ne constitue pleinement une richesse publique que lorsque la part revenant légalement à l’État est effectivement captée, recouvrée et mobilisée au bénéfice de la collectivité. L’accent est ainsi mis sur la sécurisation de l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’à l’encaissement des recettes au Trésor public. Dans le secteur minier, cette chaîne englobe notamment la production, l’exportation, la valorisation commerciale, la liquidation des droits et taxes, le paiement ainsi que le rapatriement des recettes. Pour l’IGF, les écarts constatés entre ces différents maillons peuvent constituer des indicateurs de risques et révéler des déperditions potentielles de recettes publiques. L’intervention de Christophe Bitasimwa Bahii a également mis en avant l’importance du croisement des données détenues par les différentes administrations publiques. Les données techniques, fiscales, douanières et financières peuvent, lorsqu’elles sont exploitées de manière coordonnée, permettre d’identifier plus rapidement les incohérences et les anomalies susceptibles d’affecter les recettes de l’État. Cette démarche s’inscrit dans l’évolution de l’IGF vers un contrôle systémique, reposant notamment sur l’analyse des risques, la digitalisation des processus et l’exploitation des données. L’objectif consiste à détecter les anomalies en amont, à mieux orienter les missions de contrôle et à agir davantage sur les causes structurelles des pertes de recettes plutôt que de se limiter au traitement de leurs conséquences. Cette orientation rejoint les objectifs du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’IGF, qui accorde une place importante à la modernisation et à la digitalisation des mécanismes de contrôle. Pour l’Inspection générale des finances, l’enjeu consiste désormais à renforcer la capacité des institutions de contrôle à comprendre les mécanismes de déperdition des recettes et à prévenir leur réapparition. À travers cette approche, l’IGF entend contribuer à réduire l’écart entre le potentiel économique des ressources naturelles de la RDC, la valeur qu’elles génèrent et les recettes effectivement mobilisées par l’État. La conférence de Paris aura ainsi permis de placer la question de la fiscalité et de la gouvernance des ressources naturelles dans une perspective plus large, fondée sur la coordination des administrations, l’exploitation des données et le renforcement des mécanismes de contrôle des chaînes de valeur. Mitterrand MASAMUNA

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