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Mbanza-Ngungu : le Parc agro-industriel entre dans sa phase décisive de préparation à l’investissement, 20.000 emplois visés

Zoom Eco · Kiala Curnis · 18 septembre 2026 · Source originale

Les études de faisabilité du Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu prennent une nouvelle dimension avec la mobilisation du PNDA, de la Banque mondiale et de l’ONUDI. Porté par Mole Groupe dans le cadre d’un partenariat public-privé, le projet est évalué à près d’un milliard de dollars et vise à développer la production agricole, la transformation locale et les chaînes de valeur dans le Kongo Central. Après plusieurs années de structuration institutionnelle et technique, le projet entre dans une phase consacrée aux études de faisabilité, à la sécurisation foncière et à la préparation des investissements. Cette dynamique intervient alors que le projet bénéficie de l’implication du Programme national de développement agricole (PNDA), avec l’appui de la Banque mondiale, et de l’accompagnement technique de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI). Le Plan d’investissement public 2026-2028 répertorie d’ailleurs le projet de PPP relatif à l’aménagement du Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu, avec Mole Groupe comme partenaire privé et une valeur annoncée de 1 milliard de dollars. Des études pour passer du projet à l’investissement Une mission technique menée sur l’ensemble du périmètre envisagé pour le futur parc a permis aux équipes impliquées d’examiner les caractéristiques des terres et les conditions de développement des différentes composantes du projet. Mole Groupe, le PNDA et l’ONUDI ont fait le point à Mbanza-Ngungu avec le Vice-Premier Ministre en charge de l’Economie nationale, Daniel Mukoko Samba. Ces travaux doivent notamment permettre d’affiner les données relatives aux sols, au potentiel agricole, aux infrastructures, à l’environnement et aux conditions économiques de mise en œuvre. Le Gouvernement avait déjà indiqué, en décembre 2025, que le parc devait couvrir environ 104.000 hectares, répartis en trois zones traversées par la rivière Inkisi. Le programme prévoit une mise en valeur progressive des terres, à raison d’environ 10.000 hectares par an. L’enjeu de cette phase est donc de transformer les hypothèses du projet en données suffisamment solides pour permettre aux investisseurs et aux institutions financières d’apprécier les risques, les besoins en capitaux et les conditions de rentabilité des différentes composantes. Un modèle fondé sur l’agrégation agricole Au-delà des infrastructures industrielles, le Parc ambitionne de structurer une véritable chaîne de valeur agricole. Le modèle envisagé repose sur l’agrégation des producteurs et des exploitations agricoles autour d’une plateforme capable de relier la production aux activités de stockage, de transformation, de logistique et de commercialisation. Les filières identifiées comprennent notamment le manioc, le maïs, le riz, le blé et la canne à sucre. À terme, l’objectif est de transformer une partie importante de ces productions localement afin d’augmenter la valeur ajoutée créée en RDC. Selon les données communiquées par le Gouvernement en juin 2026, le projet ambitionne de transformer près de 700.000 tonnes de produits agricoles par an, notamment en farine, sucre raffiné et éthanol. Plus de 20.000 emplois directs et indirects sont également annoncés. La question foncière au cœur de la préparation La sécurisation foncière constitue l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle phase. Avant le déploiement des infrastructures et des activités agricoles, les études doivent permettre de documenter les occupations, les usages et les droits existants sur les espaces concernés. Cette démarche doit également permettre d’identifier les personnes et activités susceptibles d’être affectées par le projet et, lorsque cela s’avère nécessaire, de définir les mécanismes appropriés d’accompagnement, de compensation ou de réinstallation conformément au cadre juridique applicable. En juin 2026, Gandi Mole indiquait déjà que le projet était engagé dans une phase de sécurisation foncière avec les communautés locales, associées au processus depuis 2022. Un projet désormais inscrit dans le cadre du PPP Le Parc agro-industriel de Mbanza-Ngungu s’inscrit désormais clairement dans le cadre du partenariat public-privé. Selon le compte rendu du Conseil des Ministres du 19 décembre 2025, le projet est présenté comme une initiative privée portée par un consortium d’entreprises nationales et internationales, avec l’accompagnement technique de l’ONUDI. Le Gouvernement estimait alors le besoin d’investissement total à 974,732 millions de dollars, principalement à engager au cours des quatre premières années. Cette donnée permet de préciser le chiffre de « 1 milliard de dollars » souvent utilisé pour présenter le projet : il s’agit d’un ordre de grandeur, tandis que le document gouvernemental de décembre 2025 retenait un besoin chiffré à 974,732 millions de dollars. Le montage prévoit que le secteur privé porte les investissements et le risque financier, tandis que l’État assure notamment l’encadrement, la sécurisation et la supervision du projet. L’enjeu : attirer les capitaux privés et institutionnels La mobilisation de la Banque mondiale et d’autres partenaires techniques et financiers constitue un élément important de la phase de préparation, mais elle ne doit pas être confondue avec le financement acquis du milliard de dollars nécessaire à la réalisation du parc. Une réunion consacrée au financement du projet s’est tenue en juin 2026 avec le ministère de l’Agriculture, Mole Groupe, des partenaires techniques et financiers et plusieurs investisseurs. La Banque mondiale a alors exprimé sa disponibilité à accompagner le Gouvernement dans le processus. La rencontre avait également réuni des représentants de la BAD, du FIDA, de l’AFD et de l’ONUDI. Le véritable test financier se situe désormais dans la capacité du projet à transformer ses études en une documentation suffisamment robuste pour attirer les capitaux privés, les banques, les institutions de financement du développement et les partenaires industriels. Mbanza-Ngungu, un pari sur la transformation locale Le projet s’inscrit dans une problématique plus large pour l’économie congolaise : augmenter la production agricole tout en développant les capacités locales de transformation. L’ambition affichée est de réduire progressivement la dépendance aux importations alimentaires, d’améliorer les revenus des producteurs et de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Le Parc de Mbanza-Ngungu doit ainsi combiner plusieurs maillons : production, agrégation, stockage, transformation, logistique et commercialisation. La prochaine étape sera déterminante. Les résultats des études devront préciser la faisabilité technique et économique du projet, les besoins d’infrastructures, les conditions foncières et environnementales ainsi que le modèle financier applicable à chacune de ses composantes. Pour Mole Groupe et ses partenaires publics et techniques, le défi n’est donc plus seulement de concevoir le parc, mais de transformer un projet évalué à près d’un milliard de dollars en une plateforme agro-industrielle effectivement finançable et opérationnelle. E. M

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