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Au Tchad, la circulation d'armes de guerre aggrave les conflits agropastoraux

DW Afrique · Blaise Dariustone · 5 novembre 2026 · Source originale

Au Tchad , les difficultés d'accès à l'eau dans les provinces, particulièrement dans les zones agropastorales, sont souvent sources de conflits meurtriers entre éleveurs et agriculteurs.

Et dans ces affrontements, l'usage d'armes de guerre par les deux parties est devenu récurrent. Il y a moins d'une semaine, au moins 25 agriculteurs et éleveurs ont été tués et 22 autres blessés lors de heurts autour d'un point d'eau dans le sud-ouest du pays.

À l'origine du drame est une dispute dans la zone de Koula entre un éleveur de la communauté Kreda, venu abreuver son bétail dans une mare, et un agriculteur de la communauté Kouka.

Les violents affrontements entre éleveurs et agriculteurs souvent observés au Tchad sont alimentés par une lutte pour l'accès à l'eau et aux terres. Plusieurs facteurs seraient à l'origine de cette crise de l'accès à l'eau et aux terres. : le dérèglement climatique , la forte pression démographique, une gestion foncière défaillante et l'insécurité transfrontalière.

Abba Daoud Nandjédé, Secrétaire général de l'Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l'Environnement (ADHET), explique que "le Tchad subit de plein fouet les effets du changement climatique, caractérisés par la baisse de la pluviométrie. On observe également l'assèchement des mares et la baisse du niveau des nappes phréatiques, ce qui réduit drastiquement le nombre de points d'eau pérennes. Il faut aussi relever le manque de stations de pompage, qui contraint les agriculteurs et les éleveurs à converger vers les mêmes rares sources d'eau disponibles. Il faut également noter la pression démographique. Avec l'augmentation des cheptels et l'extension des terres cultivées, les couloirs naturels de passage des animaux se réduisent, créant une situation critique autour des points d'eau, à tel point que les deux communautés finissent par s'entretuer".

Mais au-delà du manque d'eau, c'est l'usage des armes à feu par les deux camps qui inquiète. D'où viennent ces fusils d'assaut  qui transforment les conflits pastoraux en véritables scènes de guerre ?

Moussa Ibrahim, un éleveur rencontré à la périphérie de N'Djamena, pointe lui la responsabilité de l'État . Selon lui, "dans certaines localités, ce sont les bouviers employés par les généraux pour garder leurs animaux qui détiennent les armes. Nous qui ne vivons que de l'élevage et des produits de l'agriculture n'avons pas de problème avec les agriculteurs".

Mais pour Abba Daoud Nandjéde, certaines de ces armes viendraient de la contrebande. Pour lui, "depuis l'effondrement de l'État libyen, la circulation des armes de guerre est devenue monnaie courante. Les recherches que nous avons menées montrent que, face à l'insécurité, les communautés — tantôt les éleveurs, pour protéger leurs cheptels contre les bandits et les vols, tantôt les agriculteurs, pour se protéger — se tournent vers les marchés clandestins afin de se procurer des fusils de guerre".

Face à ces conflits, l'État brille souvent par son impuissance. Les forces de l'ordre n'interviennent généralement que pour constater les dégâts après les affrontements.

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