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Contraint de quitter les mines de Siguiri en Guinée, des orpailleurs burkinabè trouvent refuge à Bamako

DW Afrique · Mahamadou Kane · 5 novembre 2026 · Source originale

Au Mali , des milliers de jeunes orpailleurs burkinabè en provenance de Siguiri en Guinée, séjournent à Bamako depuis 72 heures. Ceux-ci ont été contraints de quitter cette zone aurifère après l'annonce du gouvernement guinéen s'orientant autour de l'interdiction totale de l'exploitation anarchique de l'or sur place. Conakry justifie la mesure par la dégradation de l'environnement et les atteintes au cours d'eau.

Les personnes refoulées sont réparties entre plusieurs sites de la capitale malienne et bénéficient de l'accompagnement des autorités maliennes et burkinabè, mais aussi des associations et autres organisations humanitaires.

Les alentours de l'ex-hôtel Sheraton, de l'autogare de Djicoroni-Para, communément appelé "La Guinée Place", ou encore de l'ambassade du Burkina Faso sont noirs de monde. L'air déboussolé sans nul doute en raison de la fatigue, les refoulés, majoritairement composés de jeunes gens dont certains n'ont pas encore atteint l'âge de la majorité, auraient pour la plupart marché des dizaines de kilomètres entre Siguiri et Bamako.

Noufa, la vingtaine révolue, est un jeune ressortissant de Fadal N'Gourma au Burkina Faso, qui a abandonné les bancs de l'école en 2018. Il a a rejoint Siguiri en Guinée début octobre, afin de travailler dans une mine artisanale.

"Sans mentir, on n'a pas atteint la pierre rouge là , parce que c'était la phase préliminaire de l'exploitation , explique Noufa. Il y a des amis qui étaient partis avant moi, ils m'ont demandé de venir les rejoindre. C'est dans ces conditions que je suis arrivé dans la région de Siguiri. On a essayé. On a tenté notre chance. C'est là où on avait commencé à avoir de l'espoir, qu'on nous a demandé de partir. C'était un peu difficile".

Noufa a conduit à Bamako un groupe d'une quarantaine de jeunes orpailleurs, dont certains sont blessés.

La DW a rencontré un autre refoulé burkinabè qui se fait appeler Mc One. Originaire de Zorgho, à une centaine de kilomètres de Ouagadougou, il assure que c'est un rêve qui vient d'être brisé.

"J'étais parti à Siguiri pour chercher de l'argent afin d'entretenir mes vieux parents, mon père, ma mère, ainsi que mes proches , dit le quadragénaire. Je suis parti, il y a à peine cinq mois. Là-bas, nous avons connu des moments très difficiles. Mais grâce à Allah et aux bonnes volontés ici au Mali, nous sommes bien arrivés et bien accueillis à Bamako".

Les Maliens se sont en effet mobilisés à travers des organisations comme le conseil national des jeunes qui a apporté des dons en vivres notamment.

Dieudonné Kouraogo, président des jeunes résidents burkinabè à Bamako, est également très actif aux cotés de ses compatriotes refoulés de Guinée. Cette aide passe, selon lui, par "l'accompagnement, l'organisation, l'orientation des personnes qui arrivent, l'assistance financière, l'apport de vivres, de l'eau aussi. Nous accompagnons également ceux qui ont besoin de soins dans l'urgence. Il y a l'OIM, l'organisation internationale des migrations, et quelques services médicaux qui étaient là ce matin" .

Mercredi (04.11), le commissaire divisionnaire Mahamadou Sana, ministre burkinabè de la Sécurité, s'est rendu à Bamako pour apporter son soutien à ses compatriotes refoulés de Guinée. Celui-ci a déploré des pertes en vies humaines et des blessés parmi les orpailleurs artisanaux expulsés.

Il a également promis qu'un corridor sécurisé sera organisé en collaboration avec les autorités maliennes, en vue de leur rapatriement vers le Burkina Faso.

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