Maintien de la paix en Afrique : où en sont les missions onusiennes sur le continent ?

Plusieurs missions de paix sont encore déployées en Afrique avec des résultats plutôt mitigés, les populations remettant en cause l'efficacité de ces opérations. Tour d'horizon des missions de paix actuelles et passées en Afrique.
L'Onu a confirmé dimanche (01.11.2026) "le début de la période de liquidation" de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). Le mandat de cette mission n'a pas été renouvelé à la surprise générale par le Conseil de sécurité. La Russie a en effet opposé son veto à un projet américain de résolution. Le texte aurait consolidé la préférence de l'Onu pour le plan marocain tout en réduisant les effectifs de la force de maintien de la paix. Le mandat de la Minurso, mise en place en 1991 et qui comptait 359 personnels civils et militaires en juin 2026, selon son site internet, a expiré samedi (31.10.2026).
Le patron de la Monusco James Swan s'est rendu à Goma mardi (03.11.2026) pour rencontrer l'ancien président Joseph Kabila, actuel leader du mouvement rebelle Front pour la refondation de la nation (FRN), ex-AFC/M23. James Swan a évoqué entre autres la protection des civils. A Goma dans plusieurs autres villes de l'est de la RDC en crise sécuritaire, les populations jugent inefficace la mission de paix onusienne, considérée comme l'un des plus grands contingents au monde. Mise en place en 1999, la Mission de l’organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monuc) est pourtant devenue en 2010 la Mission de l'organisation des Nations unies pour la stabilisation en RD Congo ( Monusco ). La poursuite ou la fin de son mandat fait toujours l'objet de discussions.
"La Centrafrique de 2026 n'est pas la Centrafrique de 2014." C'est ce qu'a indiqué la cheffe de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), la Rwandaise Valentine Rugwabiza, lors d'une déclaration à la presse le 30 septembre à Paoua (nord-ouest). L'opération de maintien de la paix, déployée en 2014, a entamé ces derniers mois une "réorganisation" de son dispositif dans le pays. Si la situation sécuritaire s'est améliorée ces dernières années, plusieurs groupes armés demeurent actifs , notamment dans les zones frontalières avec le Soudan et la RDC. Le mandat actuel de la Minusca arrivera à son terme le 15 novembre. Son renouvellement devrait ensuite être soumis au vote du Conseil de sécurité de l'ONU à New York. En attendant ce renouvellement, la cheffe de la Minusca a indiqué début novembre à un média centrafricain : "la population centrafricaine n'a jamais perdu son engagement pour la paix" .
C'est en juillet 2011 qu'est né le Soudan du Sud. La veille de la création de cet Etat (09.07.2011), les Nations unies ont adopté une résolution mettant en place la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (Minuss). A l'époque, l'Onu expliquait la création de cette misison par le fait que "la situation au Soudan du Sud continuait de constituer une menace pour la paix internationale et la sécurité dans la région" .
Mais le Soudan du Sud a rapidement sombré dans la guerre civile . Un accord de partage du pouvoir avait mis fin au conflit en 2018, mais le pays est aujourd'hui de plus en plus fragile. Le gouvernement du président Salva Kiir espère organiser en décembre les premières élections du pays, également en proie à une crise humanitaire.
Dans quelques jours arrive à terme le mandat de la Force intérimaire de sécurité des Nations unies pour Abyei (Fisnua). Le Conseil de sécurité de l'Onu a renouvelé le 14 novembre dernier, pour un an, la mission de maintien de la paix à Abyei, prévenant toutefois, sous la pression américaine, qu'une nouvelle prolongation dépendrait de progrès concrets. Abyei est une région disputée entre le Soudan et le Soudan du Sud. La Fisnua forte d'environ 3.000 militaires et policiers doit notamment assurer la protection des civils dans cette zone pétrolifère frontalière où les affrontements sont réguliers.
"Pour des pays comme le Mali désormais, nous ne comptons pas sur les forces internationales pour assurer la sécurité chez nous." C'est ce qu'a déclaré le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, dans une interview exclusive à la DW. Il indiquait dans cette interview en mai 2025 que "depuis le départ des forces internationales, le Mali aujourd'hui a recouvré l'entièreté de son territoire national" . La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) a été créée en 2013 pour soutenir le processus de paix au Mali. Son mandat a pris fin le 30 juin 2023, trois ans après le putsch qui a conduit les militaires au pouvoir.