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De nombreuses familles burundaises déplacées à cause des inondations

DW Afrique · Antéditeste Niragira · 5 novembre 2026 · Source originale

"Mon ancienne maison était en briques adobes, cimentées et décorées. Elle possédait trois chambres, une salle de séjour, un corridor, un salon et une véranda. C’était vraiment grand..."

Annonciate Kankindi a 64 ans. Elle se rappelle son ancienne maison, avant les inondations qui ont frappé au Burundi la région de Gatumba, ces dernières années. Cette mère de sept enfants et de plusieurs petits-enfants habite une maisonnette de fortune, bâtie sur des piquets de bois enterrés, avec des bâches de tentes à la place des murs et de la tôle usée pour le toit.

"Quand le vent souffle, mon cher, quand le climat change, je prie, je m'en remets à Dieu… Quand je me rappelle mon ancienne maison, quand je vois ces tentes, et que, quand il pleut, je ne sais plus où aller, alors le chagrin m’envahit… "

Ce sont les conditions de vie que partagent, depuis 2020, les habitants du quartier Rusizi, situé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Bujumbura, près de la frontière burundo-congolaise de Gatumba.

La famille d’Annonciate Kankindi, comme les centaines d’autres déplacées qui ont dû fuir les inondations , ne reçoit plus d’aides humanitaires. Précarisés, elle et ses proches peinent à trouver de quoi manger. déplore Annonciate Kankindi.

"Avant, le gouvernement, l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) et le PAM (Programme alimentaire mondial) nous venaient en aide, mais depuis les dernières inondations, nous n’avons reçu  aucun soutien, aucun, vraiment ! Nous passons parfois une journée entière sans manger. Si on trouve de la nourriture, ça va, mais dans le cas contraire, alors on s’endort avec le ventre vide. Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? Je ne peux pas quémander, c’est difficile !" En dépit des systèmes d’alerte mis en place par les autorités, l’incertitude due aux prochaines pluies menace les sinistrés qui ne bénéficient que d’un abri précaire. Annonciate Kankindi dit entendre les alertes mais s'interroge : "que puis-je faire ? Que puis-je changer ? Où puis-je aller ? Ceux qui en ont les moyens font des travaux, d’autres reconstruisent leur maison. Mais moi, c’est par défaut de moyens. C’est difficile de vivre à l’air libre, comme ça."

Une simulation d’inondation a été organisée dans le sud du pays, le mois dernier, pour tester les systèmes d’alerte, de protection et d’évacuation des populations.

Le Burundi a prévu dans son budget annuel une enveloppe d’environ 20 milliards de francs burundais, équivalant à environ 5,94 millions d’euros, pour faire face aux catastrophes, aggravées par le phénomène El Niño.