Shabani menace de 1 à 5 ans de prison les membres de la C64 qui se rendraient à Goma pour rencontrer Kabila

Un an à cinq ans de prison. C’est la peine que risque la C-64 si elle va à Goma voir Kabila. Le VPM Jacquemain Shabani invoque l’article 122 du Code pénal et lance : « Vous estimez que nous sommes une République bananière ? ». Le ministre de l’Intérieur a mis en garde la coalition C-64 de l’opposition contre tout déplacement à Goma pour rencontrer Joseph Kabila .
Au terme de leur conclave de Rome, les cinq leaders de la C-64 ont fait part de leur volonté de rencontrer séparément Félix Tshisekedi, président en exercice, et son prédécesseur Joseph Kabila, devenu chef rebelle aux commandes du FRN, mouvement politico-militaire qui a succédé à l’AFC-M23.
Dans un entretien avec Actualite.cd, le VPM de l’Intérieur Jacquemain Shabani a invoqué l’article 122 du Code pénal congolais, qui punit « d’une servitude pénale de 1 à 5 ans quiconque, en temps de guerre, entretient sans autorisation du gouvernement une correspondance ou des relations avec les sujets ou les agents d’une puissance ennemie ».
Interrogé sur d’éventuelles poursuites contre Moïse Katumbi, Martin Fayulu et les autres leaders de la coalition s’ils se rendaient dans la capitale du Nord-Kivu occupée, le VPM a eu une réponse cinglante : « Vous estimez que nous sommes une République bananière ? Nous avons un Code pénal, nous avons un pouvoir judiciaire ».
Pour Shabani, l’exemple de l’ancien président devenu chef rebelle doit servir de leçon.
« L’ancien président avait procédé de la même manière. Nous vous avions dit : êtes-vous sûr qu’il est à Goma ? Il s’est annoncé d’abord qu’il venait discuter avec ceux qui se trouvent à Goma pour la paix et quelques mois après, il nous a annoncé qu’il était en fait le chef de guerre de ces supplétifs », a-t-il dit.
Le VPM de l’Intérieur estime que se rendre dans des « territoires occupés par une armée étrangère pour prendre des contacts » sans l’accord de l’État fait tomber automatiquement sous le coup de la loi.
« Lorsque des responsables de partis politiques congolais prennent unilatéralement de telles initiatives, il faut qu’ils se mettent clairement dans le contexte. Nous sommes un pays qui a des lois qui nous gouvernent », a-t-il insisté, prévenant que les faits et gestes de la coalition sont désormais documentés.