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Ituri : Bungamuzi questionne la stratégie de l’État face aux violences persistantes de la CODECO

Mediacongo · MediaCongo · 4 novembre 2026 · Source originale

Face à la multiplication des attaques attribuées à la milice CODECO dans le territoire de Djugu, Deogratias Bungamuzi Kukwabo, président du Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri, appelle les autorités congolaises à clarifier leur position face à ce groupe armé et à renforcer la protection des populations civiles.

Dans une tribune datée du mardi 3 novembre 2026, intitulée « CODECO : partenaire ou criminelle ? L’État doit choisir », ce jeune ambassadeur de la paix dénonce la persistance des violences armées, les déplacements répétés de familles et ce qu’il considère comme une insuffisance de réponses publiques aux préoccupations sécuritaires des habitants.

Il évoque notamment la mort d’un enfant de trois ans lors des récentes attaques sur le littoral du lac Albert, les assassinats de cultivateurs, les violences aux abords des sites de déplacés et l’incendie du centre de santé de Jisa, en chefferie des Bahema-Nord.

« La presse en parle, la société civile en parle, les leaders communautaires en parlent. Mais l’État, lui, se tait. Pas de bilan officiel, pas de parole forte. Dans notre province, ce silence ressemble à de l’abandon », écrit-il.

Ces préoccupations interviennent après plusieurs attaques attribuées à la CODECO, notamment celles du 25 octobre dans les villages de Muganga, Gobu et Musekere. Les violences ont fait des victimes et provoqué de nouveaux déplacements de population, selon les informations recueillies par buniaactualite.cd et d’autres médias.

Au cœur de sa tribune, Deogratias Bungamuzi soulève la question des relations entre les forces régulières et les groupes armés. Il évoque des informations faisant état d’attitudes qu’il juge ambiguës de certains éléments des services de sécurité envers la CODECO, tout en reconnaissant ne disposer d’aucune preuve permettant d’établir une éventuelle collaboration.

« Je n’ai pas de preuve et je n’accuse personne. Mais des informations circulent sur le terrain : certains éléments des forces de sécurité auraient une attitude ambiguë envers la CODECO. Et quand le doute s’installe dans la population, c’est à l’État de le faire disparaître », affirme-t-il.

L’intéressé demande aux autorités de préciser leur politique à l’égard de cette milice, entre désarmement, poursuites judiciaires et éventuels mécanismes d’intégration de combattants dans un cadre légal. Il évoque également, à titre de proposition personnelle, leur possible engagement sur d’autres fronts militaires, notamment contre le FRN, mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président Joseph Kabila.

Cette proposition soulève toutefois des questions juridiques et sécuritaires, particulièrement concernant la responsabilité individuelle des auteurs présumés de crimes contre les civils. Aucun élément vérifié ne permet, à ce stade, d’établir une politique officielle de collaboration militaire entre les FARDC et la CODECO.

Deogratias Bungamuzi s’interroge également sur les résultats de l’état de siège, instauré en mai 2021 et régulièrement prorogé depuis lors. Il réclame un audit public de ce dispositif, le renforcement des moyens de protection à Djugu et Mambasa ainsi que la sécurisation des villages, des champs, des centres de santé et de la route nationale numéro 27.

Le président du Conseil provincial de la jeunesse demande par ailleurs des enquêtes indépendantes sur les dernières attaques, des poursuites contre les responsables présumés et la publication régulière de bilans officiels.

Il plaide également pour une relance effective du processus de paix d’Aru II, assortie de mécanismes de désarmement et de suivi des engagements pris par les groupes armés.

Cette interpellation intervient alors que les autorités provinciales ont réaffirmé, dans un communiqué du 15 octobre, l’interdiction de la détention et du port illégaux d’armes ainsi que leur engagement à protéger les personnes et leurs biens. Le communiqué ne détaillait cependant pas de mesures spécifiques concernant les attaques récentes attribuées à la CODECO.

Dans sa tribune, Deogratias Bungamuzi insiste enfin sur la nécessité de ne pas transformer les violences armées en affrontements entre communautés.

« Notre ennemi, c’est la violence armée et l’impunité, jamais un peuple, jamais une communauté entière », souligne-t-il, avant d’appeler la jeunesse de l’Ituri à poursuivre son engagement en faveur de la paix, du dialogue et de la reconstruction.

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