«J’ai une mission»: Tshisekedi donne un statut à ce que Mpanda et Budimbu annonçaient

Il faut relire la chronologie pour comprendre la manœuvre. Le 25 décembre 2025, à Mbuji-Mayi, José Mpanda, ministre des Postes et Télécommunications, lâche la phrase qui va tourner en boucle sur les réseaux pendant plusieurs semaines: «Le président n’a plus un mandat, il a une mission. Et vous savez qu’une mission n’a pas de mandat». La formule, militante, est volontairement hors du droit. En mars 2026, Didier Budimbu enfonce le clou à Kasangulu, dans le Kongo-Central: «Si le président doit laisser le pouvoir, pour le donner à qui? On va tout droit vers un troisième mandat. Ce n’est pas lui qui le demande, c’est le peuple qui le décidera».
À ce stade, ça reste dans le registre classique du ballon d’essai. Deux figures de l’Union sacrée, du gouvernement, ouvrent un chemin rhétorique, sans engager la Présidence. Le 6 mai 2026, Félix Tshisekedi est contraint de se positionner. Pour sa première conférence de presse à la Cité de l’Union africaine en sept ans, devant près de 150 journalistes, la question de l’après-2028 tombe. Sa réponse est alors institutionnelle: «N’apportez pas de slogan dans un domaine aussi sérieux». Manière élégante de déclasser cette expression au rang de