Focus RDC : RDC-Allemagne, la diplomatie comme priorité de paix

Le retour de Joseph Kabila sur la scène politique, marqué par son adresse à la nation du 9 octobre 2026 et son implication dans le Front pour la refondation de la nation, intervient à un moment crucial pour la RDC.
Alors que plusieurs processus diplomatiques tentent de ramener la paix dans l'est du pays, les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux affirment que la priorité reste la poursuite du dialogue et le respect des engagements pris pour parvenir à une solution durable au conflit.
Malgré les évolutions récentes du paysage politique congolais, le gouvernement assure rester pleinement engagé dans les différentes initiatives diplomatiques en cours. Interrogée par la DW le 22 octobre, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a cité les processus de Washington, de Doha ainsi que les efforts conduits sous l'égide de l'Union africaine. Pour la cheffe de la diplomatie congolaise, l'enjeu principal est désormais de transformer les avancées diplomatiques en résultats tangibles pour les populations affectées par les violences dans l'est du pays. " Nous restons engagés dans tous ces processus avec l'objectif clair de rétrécir l'écart entre le diplomatique et la réalité vécue par les Congolais et Congolaises ", a-t-elle déclaré, évoquant notamment les premiers déploiements du mécanisme de suivi du cessez-le-feu issu du processus de Doha.
La ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la redevabilité des parties impliquées dans les négociations. Selon elle, les engagements pris doivent être suivis de mesures concrètes en cas de non-respect, notamment à travers des sanctions ciblées contre les responsables de violations.
Questionnée sur l'impact des récentes initiatives politiques associées à l'ancien président Joseph Kabila, Thérèse Kayikwamba Wagner a minimisé l'effet de cette nouvelle donne sur les efforts de paix en cours. À propos de l'acteur désormais associé au Front pour la refondation de la nation, elle a rejeté l'idée d'une nouveauté susceptible de rebattre les cartes diplomatiques.
" Ce n'est pas un nouvel acteur, c'est un spoiler ", a-t-elle affirmé, estimant que les motivations de ceux qui alimentent l'instabilité dans l'est du pays demeurent inchangées. Pour Kinshasa, cette évolution ne remet donc pas en cause la stratégie poursuivie depuis plusieurs années : privilégier les voies diplomatiques tout en défendant l'intégrité territoriale de la RDC. La ministre rappelle que le président Félix Tshisekedi avait participé aux différentes initiatives régionales et réaffirmé que la RDC entend continuer à rechercher une solution pacifique au conflit.
Cette volonté de poursuivre les efforts diplomatiques est également soutenue par plusieurs partenaires de la RDC. En visite à Kinshasa le 24 octobre, après une tournée au Rwanda et au Burundi, la vice-ministre allemande des Affaires étrangères, Serap Güler, a appelé à insuffler une nouvelle dynamique aux processus de paix. Selon elle, les différentes initiatives régionales et internationales doivent être davantage coordonnées pour produire des résultats concrets.
" Nous avons besoin d'une nouvelle dynamique et d'un élan positif ", a-t-elle déclaré, estimant que plusieurs processus évoluent aujourd'hui trop lentement ou sont à l'arrêt. La responsable allemande a notamment souligné le rôle que pourrait jouer le Burundi, actuellement à la présidence de l'Union africaine, dans les efforts de médiation. Tout en indiquant que les préoccupations sécuritaires du Rwanda devaient être prises en considération, elle a réaffirmé la position de l'Allemagne et de l'Union européenne sur le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la RDC .
Pour Berlin, comme pour Kinshasa, la stabilité demeure également une condition indispensable au développement économique de la région. Serap Güler a rappelé que les investisseurs internationaux ont besoin d'un environnement prévisible et sécurisé avant de s'engager durablement.
Au-delà des débats politiques suscités par le retour de Joseph Kabila, les autorités congolaises et leurs partenaires semblent ainsi partager une même conviction : l'issue de l a crise dans l'est de la RDC passera avant tout par le dialogue, le respect des engagements pris et le renforcement des mécanismes de paix déjà engagés.