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Grand Inga : la RDC et les États-Unis cherchent à accélérer la mobilisation des financements à Paris

Zoom Eco · Kiala Curnis · 26 octobre 2026 · Source originale

La République démocratique du Congo (RDC) envisage de mobiliser 37 milliards USD pour porter son taux d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62 % d’ici 2030. Dans cette perspective, le développement de Grand Inga, dont le potentiel hydroélectrique avoisine 40.000 mégawatts (MW), constitue un chantier majeur. C’est dans ce contexte que Kinshasa et Washington prévoient, ce lundi 26 octobre 2026 à Paris, la réunion inaugurale du Comité de coordination et de gouvernance consacré à Grand Inga. Conduite par le Vice-Premier Ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, la délégation congolaise a préalablement échangé avec des responsables de la Banque mondiale. Institué dans le cadre de l’accord stratégique du 4 décembre 2025, ce mécanisme vise à mobiliser les institutions financières internationales, les banques de développement et les investisseurs privés. Les démarches concernent particulièrement Inga 3, prochaine phase du complexe hydroélectrique, dont la capacité envisagée varie entre 3.000 et 11.000 MW selon les options techniques. En juin 2025, la Banque mondiale a approuvé une première enveloppe de 250 millions USD sur un programme préparatoire d’un milliard. Ces ressources doivent notamment financer les études, le renforcement institutionnel et le développement des communautés riveraines. Au 24 avril 2026, seuls 12 millions USD avaient été décaissés, soit 4,8 % de cette première enveloppe, selon un rapport d’exécution de l’institution. Parallèlement, le Compact énergétique national prévoit 17 milliards USD de financements publics et 20 milliards privés pour développer les capacités de production, de transport et de distribution d’électricité. Ces investissements concernent l’ensemble du secteur énergétique, et non exclusivement Grand Inga. L’ambition rejoint Mission 300, initiative portée par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement pour fournir l’électricité à 300 millions d’Africains supplémentaires d’ici 2030. La RDC ambitionne d’y contribuer à hauteur de 60 millions de personnes. À plus long terme, Grand Inga pourrait soutenir cet objectif en augmentant les capacités nationales et en favorisant l’industrialisation. Dans une analyse publiée en février 2026, Albert Zeufack, directeur-pays de la Banque mondiale en République démocratique du Congo, souligne notamment le potentiel du projet pour l’emploi, la transformation industrielle et le développement des infrastructures. Cette perspective implique néanmoins de sécuriser les contrats d’achat d’électricité, de renforcer les réseaux de transport et de maîtriser les risques environnementaux et sociaux. Hormis les engagements diplomatiques amorcés dans ce sens, la concrétisation de Grand Inga suppose donc un montage financier solide, des investissements contractualisés et une programmation technique cohérente, afin de transformer progressivement le potentiel hydroélectrique en capacités productives accessibles aux entreprises et aux ménages congolais. Flory MUSISWA

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