RDC : les dépôts du Trésor à la BCC chiffrés à 2.818 milliards de CDF au 15 octobre 2026

Les dépôts du Trésor public auprès de la Banque centrale du Congo (BCC) ont progressé de 137,2 milliards de francs congolais (CDF) en une semaine, pour s’établir à 2 818 milliards au 15 octobre 2026. Ce niveau représente plus du double du déficit de trésorerie programmé pour l’ensemble du mois. Les avoirs du Trésor public congolais auprès de la Banque centrale du Congo (BCC) poursuivent leur progression. Au 15 octobre 2026, ils se sont établis à 2.818 milliards de francs congolais (CDF), en hausse de 137,2 milliards de CDF par rapport à la semaine précédente, selon les dernières données de la situation financière de l’État publiées par l’institut d’émission. Cette évolution contraste avec le niveau enregistré à fin décembre 2025, lorsque les dépôts du Trésor s’élevaient à 1 310,6 milliards de CDF. En moins de dix mois, leur montant a ainsi plus que doublé, traduisant une augmentation significative des disponibilités de l’État auprès de la Banque Centrale. D’après la BCC, les dépôts disponibles au 15 octobre couvrent environ 2,2 fois le déficit de trésorerie prévisionnel de 1.305,5 milliards de CDF retenu dans le plan de trésorerie pour l’ensemble du mois. L’évolution des dépôts du Trésor intervient dans un contexte où les créances brutes de la Banque centrale sur l’État sont restées stables à 4.304,1 milliards de CDF. Cette stabilité indique que l’augmentation observée des avoirs du Trésor ne s’est pas accompagnée d’un accroissement des créances brutes de la BCC sur l’État. Selon les données publiées, elle s’est donc produite sans nouveau financement monétaire de l’État par la Banque centrale. Ce point est important dans le suivi de la politique monétaire, dans la mesure où le financement monétaire du déficit public peut exercer des pressions sur la liquidité en monnaie nationale et, selon les circonstances, sur les prix et le taux de change. La progression des dépôts du Trésor a néanmoins pesé sur la base monétaire, selon les indications de la BCC. En effet, lorsque les fonds de l’État sont déposés auprès de la Banque centrale, ils peuvent contribuer à retirer temporairement de la liquidité du circuit bancaire, selon les modalités des opérations de paiement et de décaissement du Trésor. Des disponibilités à mettre en perspective avec les besoins de l’État Le niveau des dépôts au 15 octobre 2026 doit toutefois être rapproché de l’ensemble des opérations budgétaires et de trésorerie de l’État. Pour le mois d’octobre 2026, les prévisions tablent sur des recettes de 2.141 milliards de CDF, contre des dépenses de 3.446,5 milliards de CDF, soit un déficit prévisionnel de 1 305,5 milliards de CDF. À la date du 16 octobre 2026, les recettes mobilisées par les régies financières ont atteint 1.196,4 milliards de CDF, tandis que les dépenses exécutées s’élevaient à 1.523,9 milliards de CDF. Le solde provisoire faisait ressortir un déficit de trésorerie de 327,5 milliards de CDF. La progression des dépôts du Trésor constitue ainsi un indicateur important pour apprécier la gestion des disponibilités publiques et les conditions de financement des dépenses de l’État. Leur niveau élevé ne signifie cependant pas, à lui seul, que les ressources sont définitivement disponibles pour couvrir toutes les obligations publiques, celles-ci devant être appréciées au regard du calendrier des décaissements et des engagements de l’État. Mitterrand MASAMUNA