Cybersécurité : le gouvernement va faire auditer ses propres systèmes informatiques

Les administrations congolaises vont passer leurs systèmes informatiques en revue. Le président Félix Tshisekedi a consacré le deuxième point de sa communication à la 101ᵉ réunion du Conseil des ministres , vendredi 23 octobre à la Cité de l’Union africaine, au renforcement de la cybersécurité et à la protection des systèmes informatiques des institutions et services publics. Le chef de l’État a érigé la cybersécurité en impératif de sécurité nationale, de souveraineté numérique et de continuité de l’action de l’État. Le compte rendu, lu par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya , cite des alertes internationales récentes ayant mis en évidence des vulnérabilités critiques, susceptibles de compromettre la sécurité des systèmes d’information, la confidentialité des données sensibles et la continuité des services publics. Dans le contexte sécuritaire actuel, ces menaces sont qualifiées de risque majeur d’espionnage, de déstabilisation par cyberattaques ou de sabotage des infrastructures numériques stratégiques. Trois chaînes d’instruction Le Conseil a réparti le travail entre trois blocs de ministères. Postes et Télécommunications, avec l’Économie numérique. Le ministre des Postes et Télécommunications doit coordonner, en concertation avec son collègue de l’Économie numérique et les structures nationales compétentes en matière de cybersécurité, un audit de sécurité des infrastructures numériques publiques . Trois livrables lui sont demandés : identifier les vulnérabilités critiques, proposer des mesures urgentes de sécurisation, et prévoir la prévention et la réponse aux incidents. Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et le ministre de la Défense nationale sont instruits, en liaison avec les services spécialisés de sécurité et de renseignement, de renforcer la surveillance et la protection des systèmes informatiques sensibles de leurs secteurs. Le ministre des Finances doit veiller, en concertation avec la Banque centrale du Congo, au renforcement de la sécurité des plateformes numériques de gestion des finances publiques, des systèmes de paiement et des infrastructures informatiques critiques du secteur financier. Surveillance permanente et alerte précoce Au-delà de l’audit, le président a demandé l’instauration de mécanismes permanents de surveillance, d’alerte précoce et de réponse coordonnée aux incidents. Il a également insisté sur la sensibilisation des agents publics aux bonnes pratiques de sécurité informatique. Ces deux volets visent des points distincts : le premier porte sur la détection et la réaction, le second sur le facteur humain, par lequel passe une large part des intrusions. Une alerte il y a deux jours La mention des alertes internationales renvoie à une séquence immédiate. Le 22 octobre, le ministère de l’Économie numérique signalait dans son communiqué n°339 deux vulnérabilités critiques dans PHP , référencées CVE-2026-109618 et CVE-2026-109619, et demandait aux administrations, opérateurs et prestataires de vérifier leurs versions, d’appliquer les correctifs officiels et de renforcer la surveillance de leurs serveurs. PHP fait tourner une part importante des sites et applications web des administrations. L’audit commandé vendredi élargit cette démarche ponctuelle à l’ensemble du parc informatique public. Un précédent chiffré La RDC dispose d’au moins un ordre de grandeur public sur l’exposition de ses institutions. En mai, à Rome, le président de la Commission électorale nationale indépendante faisait état de plus de 8 000 cyberattaques déjouées contre la CENI . L’État congolais mène par ailleurs un programme de transformation numérique : l’Unité de gestion du projet de transformation numérique travaille avec la Banque mondiale et l’Agence française de développement , et les Affaires étrangères ont lancé leur schéma directeur numérique 2026-2030 . Plus l’administration se numérise, plus la surface à protéger s’étend. À lire aussi Failles PHP : le ministère de l’Économie numérique demande d’appliquer les correctifs sans délai Rome : Denis Kadima révèle plus de 8 000 cyberattaques déjouées contre la CENI Contacts avec les ambassades : Tshisekedi impose un canal unique The post Cybersécurité : le gouvernement va faire auditer ses propres systèmes informatiques appeared first on BETO .