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RDC : le monde académique adhère au Plan stratégique 2026-2028 de l’IGF axé sur le contrôle systémique

Zoom Eco · Kiala Curnis · 23 octobre 2026 · Source originale

L’Inspection générale des finances (IGF) entend accélérer la modernisation du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo. Réunis à Kinshasa du 21 au 22 octobre 2026, des représentants du monde académique et scientifique ont échangé sur les orientations de son Plan stratégique triennal 2026-2028, qui privilégie notamment le contrôle systémique, la prévention des risques et la digitalisation des procédures. Le processus de réforme de l’Inspection générale des finances (IGF) cherche à élargir son ancrage auprès des milieux universitaires et scientifiques. À l’occasion du quatrième séminaire consacré à la vulgarisation de cette réforme, tenu au Salon Congo du Pullman Grand Hôtel de Kinshasa, professeurs, chercheurs, responsables universitaires et experts ont été associés à la réflexion sur les mécanismes de modernisation du contrôle des finances publiques. Au cœur des échanges : la transition d’un contrôle traditionnel, essentiellement axé sur la conformité, vers une approche systémique, préventive et numérique, conformément aux ambitions du Plan stratégique triennal 2026-2028 de l’institution. À l’ouverture des travaux, l’Inspecteur général des finances-Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, a réaffirmé la volonté de l’IGF de s’appuyer davantage sur l’analyse croisée des données et la cartographie des risques pour anticiper les irrégularités et améliorer l’efficacité de ses interventions. Cette orientation vise à renforcer les capacités de détection des anomalies dans la gestion publique, tout en favorisant une approche plus préventive du contrôle des ressources de l’État. Les discussions ont également porté sur les conditions nécessaires à la réussite de cette transformation. Les participants ont notamment relevé les insuffisances des infrastructures numériques, les difficultés d’accès à l’électricité, le financement limité de la recherche et les résistances au changement comme autant de contraintes susceptibles de ralentir la mise en œuvre des réformes. Au-delà des outils technologiques, les intervenants ont insisté sur l’importance de l’éthique, de la responsabilité des agents publics et de l’évaluation des performances. Autant de dimensions considérées comme essentielles pour renforcer la transparence et la redevabilité dans la gestion des finances publiques. Les contributions des professeurs Ekolo Adiaka, Kodjo Ndukuma Adjayi et Claude Sumata Motukula, ainsi que de l’Inspecteur général des finances émérite Tshibangu Luamuela et d’Olga Kavira Kinyamusiti, conseillère au ministère de l’Économie numérique, ont enrichi les débats. Les échanges ont notamment abordé la transformation numérique de l’enseignement supérieur, la sécurisation des recettes universitaires, le rôle de l’audit interne et l’interopérabilité des systèmes administratifs. Ces sujets mettent en évidence les possibilités de rapprochement entre les outils de gestion des établissements publics et les mécanismes de contrôle financier. Les expériences de l’Estonie, du Danemark, du Rwanda et du Kenya ont également été évoquées pour illustrer les apports potentiels du numérique à la gouvernance publique. La simplification des procédures administratives, la sécurisation des données et l’amélioration de la circulation de l’information figurent parmi les enseignements mis en avant au cours du séminaire. Pour la RDC, l’enjeu consiste à adapter ces expériences aux réalités nationales, notamment en matière d’infrastructures, de capacités techniques et de coordination entre les administrations. Au terme des travaux, plusieurs axes de réflexion ont été dégagés : le renforcement des infrastructures et des compétences numériques, le développement de la recherche appliquée, la sécurisation des échanges de données et la consolidation des partenariats entre l’IGF et les universités. L’association du monde académique à cette réforme traduit la volonté de l’institution de mobiliser l’expertise scientifique pour accompagner l’évolution de ses méthodes de travail. Reste que la portée de cette transformation dépendra de sa traduction concrète dans les pratiques de contrôle, de la disponibilité des moyens nécessaires et de la capacité des administrations à exploiter efficacement les données. À travers son Plan stratégique triennal 2026-2028, l’IGF ambitionne ainsi de faire du numérique et de l’expertise scientifique des instruments de prévention des irrégularités, d’amélioration de la performance publique et de renforcement de la transparence dans la gestion des finances publiques en RDC. Mitterrand MASAMUNA

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