Surpopulation carcérale : Guillaume Ngefa plaide pour une hausse du budget de la Justice pour la construction des infrastructures pénitentiaires

Lors du briefing de presse du jeudi 22 octobre 2026, le ministre a présenté ces chiffres après une mission de terrain menée dans plusieurs prisons du Kongo-Central, notamment à Madimba, Mbanza-Ngungu, Matadi et Boma, afin d’évaluer le fonctionnement de l’administration judiciaire et les conditions de détention.
Sur les 214 établissements pénitentiaires recensés, 116 bénéficient de subventions, tandis que 24 n’en reçoivent pas. Le ministre a également souligné le décalage entre l’augmentation du nombre de détenus et les ressources financières disponibles pour assurer leur prise en charge.
À titre d’exemple, il a cité la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dont la population carcérale est passée de 8 000 à 16 000 détenus depuis sa prise de fonctions, le 8 août dernier, sans augmentation du budget alloué.
Au-delà des contraintes budgétaires, Guillaume Ngefa a également évoqué l’évolution de l’organisation territoriale du pays parmi les facteurs contribuant à la surpopulation carcérale. Selon lui, la majorité des prisons ont été construites avant l’indépendance, à une époque où la population congolaise était estimée à moins de cinq millions d’habitants. La création de nouvelles provinces a par ailleurs entraîné la transformation de certains lieux de détention, initialement conçus comme des maisons d’arrêt dans les territoires, en établissements pénitentiaires.
Le manque de magistrats constitue un autre défi pour le système judiciaire. L’insuffisance de leurs effectifs complique notamment l’examen des demandes de mise en liberté provisoire. Le ministre a également relevé les difficultés liées au rapprochement des détenus de leurs juges naturels, ainsi que l’insuffisance du personnel pénitentiaire et son manque de formation.
Dans ce contexte, le ministère de la Justice a annoncé, le 21 octobre dernier, la suspension provisoire de l’admission de nouveaux détenus au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa ( CPRK ), communément appelé prison centrale de Makala.