Ebola : plus de cas en 24 heures au Nord-Kivu qu’en Ituri, considérée comme l'épicentre de l’épidémie

Ebola sévit désormais dans huit des 26 provinces du pays, deux cas ayant été confirmés le week-end précédent au Nord-Ubangi. Province où, pour l’instant, aucune autre contamination n’a été signalée, selon le dernier point de la riposte. Un rapport qui enregistre 97 nouveaux cas en 24 heures. Un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis le 3 octobre et qui comporte une autre donnée importante : les cas confirmés au Nord-Kivu ont été plus nombreux le 18 octobre que ceux en Ituri, encore considérée comme l’épicentre de l’épidémie.
Quarante-huit cas confirmés au Nord-Kivu contre 42 cas en Ituri, autre province orientale de la République démocratique du Congo (RDC). Cela fait plusieurs mois que les deux courbes des deux provinces se rapprochent, celle de l’Ituri connaissant une légère tendance à la baisse alors que le Nord-Kivu au contraire est en progression.
Une dynamique sur laquelle alertent les acteurs de terrain depuis le mois de septembre. En effet, si la pression se relâche légèrement en Ituri, d’autres zones suscitent l’inquiétude. Il s’agit du secteur Beni-Butembo, mais aussi de la partie située entre les deux provinces.
Un riposte sanitaire compliquée par la présence du groupe ADF
Une zone sécuritairement compliquée avec la présence de groupes armés et notamment des Allied Democratic Forces (ADF), qui ont prêté allégeance au groupe État islamique (EI) et avec qui « aucune discussion n’est possible », confie un membre de la riposte.
En tous les cas, cette dynamique se traduit déjà par des annonces : Médecins sans frontières (MSF) vient par exemple de confirmer la fermeture d’ici la fin du mois de leur centre de traitement (CTE) Elykia au centre-ville de Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, pour redéployer les moyens et les équipes là où il y a des besoins.
Selon le dernier rapport des autorités congolaises, le taux d’occupation des CTE en Ituri est de 41% alors qu’il frôle les 88% au Nord-Kivu. Il y a même une saturation pour les lits des cas suspects : avec près de 94% de taux de remplissage.