En prenant la tête du FRN, Kabila brouille les cartes du dialogue national « inclusif »

En prenant la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), Joseph Kabila rebat les cartes du jeu politique congolais et complique davantage les perspectives du dialogue national « inclusif » réclamé par une partie de l’opposition. Alors que certains acteurs politiques plaidaient pour la participation de l’ancien président à ces assises, son positionnement à la tête de ce mouvement politico-militaire soulève de nouvelles interrogations sur les conditions de sa participation et sur la capacité du dialogue à réunir les différentes forces politiques autour d’une même table. Cette évolution place notamment les opposants qui défendaient son inclusion devant un dilemme politique, tandis que le gouvernement dénonce une remise en cause de l’ordre constitutionnel. Au regard de cette situation, le président de la République, Félix Tshisekedi, semble avoir vu juste en excluant du dialogue national ceux qui ont pris les armes pour déstabiliser le pays. En prenant la tête du FRN, Joseph Kabila risque ainsi de compromettre lui-même ses chances de participer à ces assises. En somme, l’ancien chef de l’État pourrait bien s’être tiré une balle dans le pied.
La scène politique congol