Au Togo, le numéro vert 1014 encourage les citoyens à dénoncer racket et corruption

Sifflet à la bouche, un policier régule la circulation depuis sa guérite, au milieu du carrefour de Todman, à Lomé . Sur l'abri peint en bleu, un message en grands caractères invite les citoyens à dénoncer le racket et la corruption de la police. Une campagne du ministère de la Sécurité qui interpelle les usagers.
"Oui, ça c'est très bien, moi je vais signaler ça. Si je ne suis pas en cas d'infraction et qu'il veut prendre de l'argent parce qu'il est en tenue, on peut le signaler" , estime cet habitant de la capitale togolaise.
Sur le terrain, les pratiques dénoncées ne se limitent pas aux contrôles routiers. Dans les services administratifs aussi, certains citoyens disent subir des demandes de paiements injustifiés.
"Si tu veux aller faire par exemple une carte d'identité ou tout autre chose, il faut déposer quelque chose avant que la personne puisse réagir à ta demande. Je crois que le ministre a bien fait, c'est un premier pas, qu'il continue" , assure cet autre habitant de Lomé.
Pour signaler tout acte de racket et de corruption, le ministère de la Sécurité rappelle l'existence du 1014, une ligne gratuite, accessible jour et nuit. Mais au-delà de l'affichage et des appels à dénoncer, une question demeure... les citoyens seront-ils entendus et protégés ? Ecoutons pasteur Edoh Komi du mouvement Martin Luther King.
"Le racket et la corruption sur nos routes sont devenus des impôts informels pour les consommateurs togolais. Quand on rackette un chauffeur de taxi, c'est le client final qui paie le plus cher" , regrette-t-il.
Le président du Mouvement Martin Luther King salue l'initiative. Mais pour lui, son efficacité dépend de garanties concrètes.
"Que le numéro soit vraiment opérationnel, que ceux qui appellent vraiment puissent être pris en compte. Que le lanceur d'alerte soit protégé. Le citoyen a peur de représailles. Troisièmement, que les sanctions soient réelles et publiées. Si le peuple signale et qu'on sanctionne, il aura confiance. Que les sanctions soient réelles et publiées. Si le peuple signale et qu'on sanctionne, il aura confiance" , estime le pasteur.
C'est la confiance entre citoyens et forces de l'ordre qui se joue à travers cette initiative. Rappelons que le numéro 1014 existait depuis aout 2019, le ministère de la sécurité vient de le relancer. Reste à savoir si les dénonciations déboucheront sur des sanctions visibles.