Relations avec le Parlement : Guy Loando mise sur le dialogue pour prévenir les crises institutionnelles

Pour ce membre du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qui s’est prêté à l’exercice de redevabilité le week-end, les relations entre l’exécutif et le législatif constituent un levier essentiel au bon fonctionnement des institutions et à la mise en œuvre des politiques publiques. Il a rappelé que la séparation des pouvoirs, principe fondamental de l’organisation institutionnelle, ne doit pas faire obstacle à la coopération entre les institutions de la République.
« Le Parlement vote les lois et contrôle le gouvernement, tandis que l’exécutif assure la mise en œuvre des politiques publiques », a-t-il expliqué, soulignant que le ministère des Relations avec le Parlement joue un rôle de passerelle entre les deux institutions.
A l’en croire, cette mission consiste notamment à assurer le suivi de l’agenda législatif, à accompagner les membres du gouvernement lors des interpellations parlementaires et à faciliter la défense des projets de loi soumis à l’examen des députés nationaux et des sénateurs.
Abordant les mécanismes mis en place pour favoriser un dialogue constructif, notamment dans un contexte marqué par des tensions autour de la loi d’habilitation, Guy Loando Mboyo a évoqué les efforts déployés pour fluidifier les échanges entre l’exécutif et le législatif. Il a notamment indiqué avoir personnellement accompagné plusieurs membres du gouvernement lors des exercices de contrôle parlementaire.
L’objectif, a-t-il précisé, est de faire du contrôle parlementaire un mécanisme républicain de redevabilité plutôt qu’une source systématique de confrontation entre les institutions. Cette démarche vise à préserver la stabilité institutionnelle tout en garantissant aux élus l’exercice de leurs prérogatives constitutionnelles.
Le ministre d’État a également évoqué l’implication de son ministère, en collaboration avec celui de l’Intérieur, dans la recherche de solutions aux crises opposant certains exécutifs provinciaux aux assemblées provinciales. Selon lui, ces situations résultent souvent d’incompréhensions ou de rivalités entre acteurs politiques, susceptibles de perturber le fonctionnement des institutions provinciales.
Face à ces difficultés, son ministère privilégie l’identification des causes des tensions, la concertation entre les parties concernées et la recherche de solutions par le dialogue. Guy Loando Mboyo a rappelé, dans ce cadre, que les députés provinciaux, à l’instar des députés nationaux, représentent la population et ont le droit d’interroger les responsables publics sur leur gestion.
L’Académie parlementaire, un levier de renforcement des capacités
Parmi les initiatives mises en avant au cours de cette première année figure la création de l’Académie parlementaire en RDC.
Selon le ministre d’État, cette structure répond à la nécessité de disposer d’un cadre permanent de formation destiné aux différents acteurs intervenant dans le processus parlementaire.
Au-delà des députés nationaux et des sénateurs, l’Académie entend également s’adresser aux assistants parlementaires, aux journalistes, aux membres de la société civile ainsi qu’à toute personne désireuse de mieux comprendre le fonctionnement du Parlement.
Les formations envisagées porteront notamment sur les procédures législatives, le fonctionnement des commissions, les séances plénières et les mécanismes de contrôle de l’action gouvernementale. L’ambition est de renforcer les compétences des bénéficiaires, d’améliorer la qualité du travail parlementaire et de contribuer à une meilleure gouvernance publique.
Contrairement aux formations ponctuelles de courte durée, l’Académie parlementaire devrait proposer des parcours structurés en plusieurs modules, assortis de crédits de formation déterminés en fonction du volume horaire et des enseignements suivis, dans une logique compatible avec le système Licence-Master-Doctorat (LMD).
Le recours aux outils numériques et à l’intelligence artificielle figure également parmi les perspectives envisagées pour moderniser les pratiques parlementaires et renforcer les capacités de l’administration parlementaire. Cette orientation traduit la volonté de doter les acteurs institutionnels de compétences adaptées aux évolutions technologiques et aux exigences actuelles du travail législatif.
S’agissant de la prise en charge des réformes sectorielles et des projets de recherche par le Parlement, Guy Loando Mboyo a insisté sur le principe de solidarité gouvernementale, qui implique une convergence des actions ministérielles vers un objectif commun : le bien-être de la population congolaise.
Il a expliqué que son ministère assure le suivi des textes transmis au Parlement, depuis leur examen en commission jusqu’à leur adoption, en passant par les différentes étapes institutionnelles prévues. Il accompagne également les membres du gouvernement appelés à répondre aux préoccupations des parlementaires et veille, dans le cadre de ses attributions, à faciliter la prise en compte des besoins sectoriels lors de l’examen du budget de l’État, dans le respect des mécanismes de contrôle établis.
Pour la suite de son mandat, le ministre d’État a réaffirmé son engagement à poursuivre la mise en œuvre des six priorités définies par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de son investiture, ainsi que du programme gouvernemental couvrant la période 2024-2028.
Guy Loando Mboyo entend ainsi consolider le dialogue entre le gouvernement et le Parlement, prévenir les tensions institutionnelles et contribuer à traduire les attentes de la population en résultats concrets.
Il a enfin rappelé la nécessité pour le gouvernement de rendre compte de son action et de rester à l’écoute des aspirations des Congolais, dans une démarche de redevabilité et de consolidation du fonctionnement démocratique des institutions.