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La CEEAC a 43 ans. L'intégration régionale n'est pas encore totalement une réalité pour les populations.

DW Afrique · Elisabeth Asen · 19 octobre 2026 · Source originale

Alors que la Communauté économique des États de l'Afrique centrale ( CEEAC ) célèbre ses 43 ans d'existence à Libreville, au Gabon , le citoyen camerounais Bernard Tamto dénonce les tracasseries auxquelles il dit être confronté lors de ses déplacements.

"Au-delà des textes, partir d'ici pour Malabo, traverser la frontière de Kye Ossi, ce n'est pas évident, traverser pour le Gabon, ce n'est pas évident. Traverser pour venir même ici, ce n'est pas toujours évident."

Ce témoignage illustre les difficultés de circulation en Afrique centrale.

Pour mieux comprendre ce qu'est la CEEAC, regardez cette vidéo de 2023 :

Oumar, réfugié centrafricain, explique ne pas être en mesure de sortir du Cameroun. Il prévoyait de se rendre par exemple au Sénégal mais... " Cela fait bientôt quatre ans que je suis au Cameroun et j'ai un problème de passeport" , explique-t-il . "Je ne parviens pas à sortir du pays. Même si les ambassades vous délivrent un laissez-passer, à l'aéroport, ils compliquent la situation."

Les commerçants ne sont pas satisfaits non plus du status quo. Retards, contrôles et frais supplémentaires aux frontières…compliquent les échanges et réduisent parfois leurs bénéfices.

Voyager, travailler ou étudier dans un pays voisin reste en outre très difficile pour un ressortissant d'Afrique centrale.

Sur les onze pays membres de la CEEAC, six (Le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Congo, la Centrafrique, la Guinée-Equatoriale) appartiennent aussi à la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, la CEMAC. Dans cet espace, des séjours de 90 jours maximums sans visa sont autorisés. Les règles restent donc à harmoniser pour faciliter les déplacements dans toute la sous-région.

Pour Thierry Ndong, directeur de publication du journal L'Intégration, il faut aller plus loin : "L'intégration régionale doit quitter le niveau des chefs d'État pour descendre au niveau des populations. Actuellement, on est davantage dans le discours politique et institutionnel que dans la réalité des peuples. Il faut aussi fusionner les communautés économiques régionales pour n'en avoir qu'une seule."

Quarante-trois ans après sa création, la CEEAC doit encore traduire ses engagements en résultats concrets : simplifier les formalités, coordonner les politiques des Etats et faire appliquer les décisions.

Car l'intégration régionale ne doit pas rester un objectif sur le papier. Elle doit faciliter les déplacements, encourager le commerce et améliorer la vie des populations.

La CEEAC a 43 ans. L'intégration régionale n'est pas encore totalement une réalité pour les populations. — CongoNews