Nouvelles manifestations en France après une journée de violences

La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, est déployée dans Paris pour le deuxième jour d'affilée, a appris l'agence de presse AFP dimanche (18.10.26) de source proche du dossier, dans un contexte de tensions et de reprise de pillages.
Selon la préfecture de police, cette unité spécialisée est "engagée Place de la République", où de vives tensions sont en cours, avec des affrontements entre plusieurs centaines de personnes et les forces de l'ordre. Des actions de pillage ont également repris dans le secteur, visant notamment un magasin de vêtements, selon des images de télévision. Un millier de manifestants sont présents à la Place de la République.
555.000 à 800.000 personnes ont participé samedi (17.10.26) à des manifestations dans toute la France. Ces manifestations ont dégénéré en émeutes, des groupes violents affrontaient les forces de l'ordre dans plusieurs villes à travers le pays. Le gouvernement a attribué la responsabilité de ces violences à des groupes d'extrême gauche et d'ultra-gauche ainsi qu'à des criminels qui, selon lui, auraient incité aux pillages.
Les manifestants étaient dans les rues de France pour protester contre la vie chère. La manifestation de samedi est survenue quelques jours après des manifestations de lycéens et lycéennes qui réclamaient l’amélioration de leurs conditions d’études.
Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne, les organisateurs de la journée de samedi ambitionnaient de cimenter une "convergence des luttes" avec les anciens gilets jaunes (2018-2019), sur fond de flambée du prix des carburants.
"Je suis venue pour protester contre la vie chère, pour dire qu'on en a assez de trimer pour des salaires de misère et voir nos loyers augmenter tout le temps" , a expliqué à AFP Régine Monfroid, une éducatrice croisée à Strasbourg.
La police a procédé à l’interpellation, selon le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de plus de 2.000 personnes à travers toute la France. Rien qu’à Paris, 855 personnes ont été interpellées samedi, un "chiffre record", a annoncé dimanche la préfecture de police. Plus de 500 personnes sont en garde à vue, dont 171 mineurs, selon le parquet de Paris.
Le ministre de l’Intérieur a indiqué que plus de 600 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers avaient été blessés. Un manifestant est décédé d'une crise cardiaque, a indiqué la police de Paris dans un communiqué, sans donner plus de détails.
Selon la fédération du commerce et de la distribution, au moins 1.500 commerçants ont été touchés directement par les violences. Le président de cette fédération, Alexandre Bompard, évalue à des centaines de millions d’euros les dégâts.
Car en marge des manifestations, de nombreux magasins ont été pillés dans plusieurs villes de France. A Marseille, importante ville du pays, plus de 30.000 pilleurs ont été dénombrés.
Des symboles de la République ont été par ailleurs attaqués : à Marseille (sud), Lille (nord), Angers (ouest) et Bordeaux (sud-ouest), des manifestants ont fait irruption dans des mairies ou des préfectures pour les vandaliser. A Lyon, une antenne de l'office de tourisme a été incendiée. A Limoges (centre-ouest), c'est l'Hôtel de Ville, datant du XIXe siècle, qui a été "en grande partie perdu" dans les flammes. Dans la capitale parisienne, "des rues entières ont été méthodiquement ravagées", selon le maire Emmanuel Grégoire.
Le chef de l’Etat français Emmanuel Macron a prévu s’exprimer ce soir à 18hTU. Le président français avait dénoncé la veille les violences. "Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu'à nos mairies, seront poursuivis et punis", a assuré le président Emmanuel Macron sur le réseau social X. "Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions."
Samedi soir, le syndicat CGT a appelé "à poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes" et "à préparer les prochaines étapes" dont "la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle du 5 novembre".