Lualaba : inauguration du parc solaire de Kamoa-Kakula, avec 60 MW disponibles 24h/24

Présente à la cérémonie, la directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), Soraya Aziz Moto, a présenté ce projet comme une illustration de l’attractivité croissante du marché congolais de l’électricité. Elle a souligné le rôle de l’ARE dans l’encadrement réglementaire de cette initiative, notamment en matière de sécurité juridique, d’homologation technique et d’équilibre tarifaire.
Selon Soraya Aziz Moto, la prévisibilité du cadre réglementaire et la sécurisation des investissements constituent des conditions essentielles pour encourager les capitaux privés à s’engager à long terme dans le secteur énergétique congolais.
L’installation combine une capacité solaire de 433 MW-crête et un système de stockage par batteries de 1 107 MWh. Elle permet de fournir en continu 60 MW, 24 heures sur 24, à l’exploitation minière de Kamoa-Kakula. Lancés en juin 2025, les travaux ont été achevés en quinze mois.
La cérémonie était présidée par le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, en présence de la gouverneure du Lualaba, des autorités provinciales et locales, des responsables de Kamoa Copper, ainsi que des représentants de CrossBoundary Energy et de Green World Energie, les entreprises ayant financé et développé le projet.
Dans son discours, le ministre a insisté sur le lien entre la disponibilité de l’électricité et la transformation locale des ressources minières.
Pour Aimé Molendo Sakombi, cette infrastructure va au-delà de la production d’énergie solaire. Elle constitue un investissement destiné à renforcer la compétitivité du secteur minier et à démontrer que le potentiel énergétique de la RDC peut être mobilisé au service de son développement industriel.
Le ministre a également rappelé l’ampleur du déficit énergétique auquel sont confrontés les principaux bassins industriels du sud-est du pays. Selon lui, ce déficit dépasse actuellement 2 000 MW dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. Cette situation freine la transformation locale des minerais, limite la création de valeur ajoutée et compromet les ambitions industrielles du pays.
Face à ce déficit, le gouvernement entend diversifier les sources de production et développer les infrastructures de transport d’électricité.
Le ministre a notamment cité les projets d’Inga, de Pioka-Tombe et de Ruzizi, ainsi que le développement des lignes à haute tension. Il a précisé que le projet solaire hybride de Kamoa-Kakula ne se substitue pas à ces grands projets, mais vient les compléter.
Le gouvernement entend également poursuivre l’extension du dispositif. Aimé Molendo Sakombi a annoncé que les contrats d’achat d’électricité déjà signés prévoient de doubler la capacité disponible en continu pour atteindre 120 MW dans un délai de dix-huit mois.
Le ministre a par ailleurs invité les autres opérateurs miniers et industriels présents en RDC à s’inspirer de cette expérience pour développer leurs propres capacités de production énergétique.
Au-delà de la production d’électricité, Aimé Molendo Sakombi a insisté sur la nécessité de faire de cette infrastructure un levier de développement des compétences locales.
Il a appelé les promoteurs à assurer l’exploitation et l’entretien durables des installations, tout en favorisant la création d’emplois, le transfert de compétences et le développement du contenu local.
Avec cette infrastructure, le gouvernement entend montrer que la mobilisation conjointe des investissements privés et de l’action publique peut contribuer à réduire progressivement le déficit énergétique et à soutenir l’industrialisation de la RDC.