Malgré les progrès à Bamako, le Centre encore sans courant

Au Mali , la fourniture d'électricité s'est nettement améliorée ces derniers mois à Bamako et dans ses environs. Une embellie qui favorise la reprise des activités économiques , notamment chez les artisans dépendants du courant électrique.
Mais cette amélioration reste inégale sur le territoire. Dans la région de Bandiagara, au Centre, les coupures persistent depuis plusieurs mois, pénalisant les professionnels et leurs revenus.
Depuis plus de trois mois, la plupart des quartiers de Bamako bénéficient désormais de 12 à 18 heures d'électricité par jour. Cette amélioration s'explique notamment par la remise en état de certains équipements, dont la centrale de Darsalam, dans la capitale, dont la capacité a été augmentée de six mégawatts.
Pour Dra, tailleur à Niaréla, un quartier de Bamako, cette évolution représente un véritable soulagement. Son activité est désormais plus régulière, après une période marquée par les dépenses élevées liées à l'utilisation des groupes électrogènes. Il se souvient des difficultés rencontrées au plus fort de la crise énergétique.
"Lorsque j'utilisais le groupe électrogène, au plus fort de la crise énergétique, ma facture mensuelle d'électricité ne dépassait pas 10.000 francs CFA. Mais entre 7h et 18h, je mettais environ 8 000 francs dans le gasoil par jour. Vous vous imaginez ce que cela représente durant un mois. L'équilibre dans la fourniture en électricité profite à tous" , a-t-il expliqué.
À l'intérieur du pays, notamment dans la région de Bandiagara, au Centre, la situation reste préoccupante. Les coupures d'électricité y sont récurrentes et les populations de la zone seraient privées de courant depuis près de quatre mois.
Pour Ibrahim, soudeur à Bandiagara, cette situation a des conséquences directes sur les revenus de son activité. Faute d'une alimentation électrique régulière, il doit recourir à un groupe électrogène, une solution coûteuse qui réduit considérablement ses marges.
"Ce que nous pouvions gagner par mois auparavant a été divisé par deux. C'est vraiment difficile pour nous en ce moment. Comme alternative, nous utilisons un groupe électrogène que nous alimentons en gasoil avec les 20 litres que nous payons actuellement à 26 000 francs CFA. Il n'y a pas longtemps, on le payait 40.000 francs CFA. Avec cela, nous ne dépassons pas deux jours de consommation, c'est-à-dire entre 8h et 22h" , a-t-il déploré.
Selon les spécialistes, ces disparités dans la fourniture d'électricité s'expliquent notamment par les difficultés d'approvisionnement en carburant des régions du Centre et du Nord, la vétusté des lignes de transport et de distribution, ainsi que l'insuffisance des investissements dans les infrastructures électriques.
Pour améliorer durablement la situation, les autorités de la transition entendent poursuivre le développement des centrales solaires afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles. La modernisation des réseaux électriques figure également parmi les priorités annoncées, avec pour objectif de stabiliser l'approvisionnement et d'améliorer l'accès à l'électricité sur l'ensemble du territoire malien.