La DW a rencontré Goreth, qui raconte son quotidien et ses difficultés à être agricultrice au Burundi

Au Burundi , le travail des femmes agricultrices est souvent essentiel pour assurer des revenus stables aux familles. Celles-ci sèment, récoltent et élèvent des animaux, souvent avec des moyens limités. À l'occasion de la Journée internationale des femmes rurales, la DW a recontré Goreth Minanni, une agricultrice-éleveuse.
" Ce matin, je me suis levée pour acheter du son de riz à la boutique, afin de nourrir les porcs et les poules, explique-t-elle. Je les nourrirai à mon retour des champs, le soir, à la maison. Je ne peux pas vivre uniquement de l'agriculture ou bien de l'élevage. Je dois combiner les deux, car le coût de la vie est élevé."
À 36 ans, Goreth Minanni, mère de quatre enfants, partage ses journées entre les champs et l'élevage de porcs et de chèvres, dans le nord de Bujumbura. Héritière d'une tradition agricole familiale, elle combine les cultures et l'élevage pour nourrir ses enfants et financer leur scolarité.
Elle dit avoir récemment vendu un porc : "Cela m'a permis d'envoyer les enfants à l'école. Cela m'a beaucoup aidée, surtout que les fournitures scolaires sont devenues très chères."
Comme Goreth, d'autres Burundaises misent sur l'agriculture et l'élevage pour vivre. Mais le manque d'intrants, les moyens financiers limités et les aléas climatiques freinent leur production. Elles doivent donc se contenter des ressources disponibles pour assurer leurs récoltes.
" Pour améliorer les rendements agricoles, nous devrions utiliser des engrais chimiques, mais nous n'en trouvons pas facilement, raconte Goreth Minanni. Nous devons donc nous rabattre sur le compost et la litière des animaux, pour essayer d'augmenter la production. Je ne dirais pas que c'est une agriculture moderne : nous faisons cela pour assurer notre survie. Et plus la sécheresse dure, plus les pâturages se raréfient."
Malgré les obstacles, Goreth garde le cap. Son ambition est de développer son activité agropastorale et devenir un modèle pour d'autres femmes au Burundi.
Elle "rêve de devenir une agricultrice-éleveuse de renommée nationale, malgré les aléas climatiques et l'augmentation constante du coût des intrants et des besoins liés à l'élevage".
A l'instar de Goreth, les femmes rurales diversifient leurs activités pour résister aux difficultés économiques et climatiques. Mais l'accès à la terre, au financement et aux équipements reste pour elles un défi majeur.