Marchés financiers africains : la RDC gagne cinq points, mais reste dans le bas du classement

La République démocratique du Congo (RDC) enregistre l’une des meilleures progressions de l’édition 2026 de l’Absa Africa Financial Markets Index, avec un gain de cinq points par rapport à l’année précédente. Malgré cette amélioration, le pays occupe la 23e place sur 29 marchés évalués, révélant les défis persistants liés au développement de son marché financier, à l’accès aux devises et à la diversification des sources de financement de l’économie. Publié le 14 octobre 2026 par le groupe sud-africain Absa Group et le Forum officiel des institutions monétaires et financières (OMFIF), l’indice attribue à la RDC un score de 47 points sur 100, contre 42 points lors de l’édition précédente. Cette progression place le pays parmi les trois marchés ayant enregistré les plus fortes améliorations, derrière le Cap-Vert, qui gagne sept points, et le Ghana, en hausse de six points. Malgré cette évolution positive, la RDC reste à la 23e position, à égalité avec le Sénégal et l’Angola. Elle devance notamment le Mozambique, la Tunisie, Madagascar et l’Éthiopie, mais demeure loin des marchés financiers les plus développés du continent. Des progrès, mais des défis persistants La progression congolaise intervient dans un contexte globalement favorable, marqué par l’amélioration des performances de 21 des 29 pays évalués. Ces avancées s’expliquent notamment par des progrès macroéconomiques, une meilleure disponibilité des réserves de change, la diversification des produits financiers et le renforcement de la transparence. Pour la RDC, cette amélioration constitue un signal encourageant, sans toutefois traduire une maturité élevée de son marché financier. Le pays doit encore renforcer sa capacité à mobiliser l’épargne, à financer les entreprises et à attirer des investissements de long terme. L’Afrique du Sud domine le classement avec 85 points, devant Maurice (77 points) et la Namibie (71 points). L’Ouganda et le Kenya complètent le top 5, avec respectivement 68 et 65 points. Il sied de noter que l’un des principaux défis de la RDC réside dans la faible profondeur de son marché financier. Malgré ses importantes ressources naturelles, le pays doit financer des besoins considérables en infrastructures, en énergie, en agriculture et en industrialisation. Le développement du marché des capitaux pourrait contribuer à diversifier les sources de financement, en complément du crédit bancaire et des investissements directs étrangers. L’élargissement de la gamme des instruments financiers, notamment les obligations et les titres publics, permettrait de mobiliser davantage de ressources pour les projets structurants. Cette évolution nécessite toutefois d’élargir la base des investisseurs, d’améliorer la liquidité des titres et de faciliter l’accès des entreprises au financement de marché. Signalons par ailleurs que l’accès aux devises étrangères constitue un autre enjeu majeur. Dans une économie où le dollar américain occupe une place importante dans les transactions et les investissements, la disponibilité des devises et la stabilité du taux de change influencent directement la confiance des investisseurs et le coût du financement. La consolidation des équilibres macroéconomiques et l’amélioration de la prévisibilité du cadre monétaire apparaissent ainsi essentielles pour renforcer l’attractivité financière du pays. Transparence et réformes réglementaires L’indice Absa-OMFIF prend également en compte la qualité du cadre fiscal et réglementaire, la transparence des marchés, les normes juridiques et le développement des fonds de pension. Pour attirer davantage de capitaux, la RDC doit notamment améliorer la publication des informations financières, renforcer la protection des investisseurs et garantir une application plus prévisible des règles fiscales et réglementaires. Le développement des investisseurs institutionnels, notamment des fonds de pension, représente également une opportunité. En mobilisant l’épargne de long terme, ces acteurs pourraient contribuer au financement des entreprises et des investissements productifs. À l’échelle continentale, le Ghana se distingue avec un score de 64 points, en hausse de six points, tandis que le Nigeria obtient 63 points, la Tanzanie 62 points et le Maroc 60 points. Ces résultats illustrent les progrès réalisés par plusieurs marchés africains, malgré des niveaux de développement différents. Avec 47 points sur 100, la RDC dispose encore d’une marge de progression importante. Le gain de cinq points enregistré en 2026 constitue une avancée encourageante, mais le défi consiste désormais à transformer cette évolution en réformes durables. L’approfondissement du marché des capitaux, l’amélioration de l’accès aux devises, le renforcement de la transparence et la consolidation du cadre juridique figurent parmi les leviers essentiels pour attirer davantage de capitaux. Pour Kinshasa, l’objectif dépasse donc l’amélioration du classement continental. Il s’agit de bâtir un marché financier capable de mobiliser l’épargne intérieure, de diversifier les sources de financement et de soutenir durablement la transformation de l’économie congolaise. 1-Afrique du Sud (85 points) 2-Maurice (77) 3-Namibie (71) 4-Ouganda (68) 5-Kenya (65) 6-Ghana (64) 7-Botswana (64) 8-Nigeria (63) 9-Tanzanie (62) 10-Maroc (60). 11-Egypte (58) 12-Eswatini (58) 13-Cap-Vert (56) 14-Seychelles (55) 15-Zambie (55) 16-Rwanda (55) 17-Lesotho (55) 18-Côte d’Ivoire (52) 19-Zimbabwe (52) 20-Bénin (51) 21-Malawi (48) 22-Cameroun (48) 23-RD Congo (47) 24-Sénégal (47) 25-Angola (47) 26-Mozambique (46) 27-Tunisie (45) 28-Madagascar (44) 29-Ethiopie (41)
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