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Assemblées annuelles du FMI et de la banque mondiale : le G24 appelle à une réforme de la gouvernance financière mondiale

Zoom Eco · Kiala Curnis · 14 octobre 2026 · Source originale

Réunis en Thaïlande le 13 octobre 2026, en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, les Ministres du Groupe intergouvernemental des Vingt-Quatre (G24) ont appelé à renforcer le financement du développement, réformer la gouvernance financière mondiale et améliorer les mécanismes de gestion de la dette des pays vulnérables. Dans leur déclaration, ils alertent sur les conséquences des tensions géopolitiques, de l’inflation, des restrictions commerciales et des dérèglements climatiques sur la croissance mondiale. Les pays fortement endettés et disposant de faibles marges budgétaires restent particulièrement exposés à ces chocs. Renforcer le FMI et les financements de la Banque mondiale Le G24 plaide pour un renforcement des ressources du FMI et une meilleure représentation des pays émergents et en développement dans ses instances de décision. Il appelle notamment à accélérer la mise en œuvre de la 16ᵉ révision générale des quotes-parts et à parvenir à un rééquilibrage équitable lors de la 17ᵉ révision. Le groupe demande également à la Banque mondiale d’accroître ses financements en faveur de secteurs prioritaires comme l’agriculture, l’énergie, les infrastructures et la protection sociale. Il encourage le recours à des instruments innovants, notamment les garanties et les mécanismes de partage des risques, afin de mobiliser davantage de capitaux à des conditions abordables. Le développement des marchés financiers nationaux et des prêts en monnaie locale figure aussi parmi les priorités, pour limiter les risques liés aux fluctuations des taux de change. Préoccupé par le poids du service de la dette, le G24 soutient l’amélioration des mécanismes de restructuration afin de rendre les procédures plus rapides, prévisibles et efficaces. Il souligne également la nécessité de préserver les dépenses sociales et les investissements productifs dans les pays confrontés à des difficultés financières. Sur le climat, le groupe appelle à respecter l’objectif de mobilisation d’au moins 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035 pour financer l’action climatique dans les pays en développement, conformément à l’objectif adopté lors de la COP29. Il insiste particulièrement sur les besoins liés à l’adaptation, à la protection des infrastructures et à la résilience des économies vulnérables. Mobiliser davantage de ressources intérieures Le G24 défend également une coopération fiscale internationale renforcée pour lutter contre l’évasion fiscale, le transfert artificiel des bénéfices et les flux financiers illicites. Ces pratiques privent les États de ressources essentielles au financement de leurs politiques publiques. Le groupe appelle par ailleurs au respect des engagements de l’aide au développement et à la préservation d’un système commercial multilatéral ouvert, équitable et fondé sur des règles. Il demande enfin aux institutions financières internationales de mieux prendre en compte les conséquences économiques des sanctions unilatérales et de renforcer leur coopération face aux nouveaux défis, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle. Quels enjeux pour les économies africaines ? Les revendications du G24 concernent directement les pays africains, confrontés au coût élevé du financement, à l’endettement public, aux fluctuations monétaires et aux effets du changement climatique. Un meilleur accès aux financements concessionnels, des restructurations de dette plus efficaces et une représentation accrue au sein des institutions financières internationales pourraient contribuer à soutenir leurs investissements et leur croissance. Toutefois, la concrétisation de ces propositions dépendra des négociations multilatérales et des décisions qui seront prises au sein du FMI et de la Banque mondiale. Présidée par Taiwo Oyedele, Ministre nigérian des Finances et Ministre coordonnateur de l’Économie, la 116ᵉ réunion ministérielle du G24 a ainsi réaffirmé la nécessité d’une architecture financière internationale plus inclusive, mieux adaptée aux besoins des pays en développement. L’enjeu est désormais de transformer ces revendications en engagements financiers et en réformes concrètes, afin de soutenir durablement la croissance et de renforcer la résilience des économies les plus vulnérables. Olivier KAFORO

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