Au Tchad, l'amnistie pour apaiser la vie politique ?

Dans un communiqué officiel signé ce jeudi 20 août 2026 par le vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, le ministère rappelle aux partis politiques légalement autorisés à fonctionner au Tchad leur obligation de respecter les dispositions de la loi portant Charte des partis politiques.
Le document ajoute que la mesure de clémence récemment accordée par le chef de l’État ne saurait être assimilée à un pardon légal effaçant une condamnation. Selon le communiqué, cette mesure, prise en vertu des prérogatives constitutionnelles du président de la République, « n’exonère pas subséquemment des incapacités consécutives à des condamnations », lesquelles demeurent en vigueur conformément à la législation actuelle.
Le ministère rappelle notamment les dispositions de la loi nᵒ 032/PR/2019 du 22 juillet 2019 portant Charte des partis politiques en République du Tchad. Son article 11 fixe plusieurs conditions cumulatives pour exercer des fonctions dirigeantes au sein d’un parti politique, notamment la jouissance des droits civiques et politiques. Le communiqué invite les formations politiques à se conformer strictement aux dispositions légales en vigueur.
Les avocats de l’opposant tchadien et ancien Premier ministre Succès Masra demandent désormais l’adoption d’une loi d’amnistie, après la grâce présidentielle accordée par le président Mahamat Idriss Déby le 14 août 2026.
Les conseils de Succès Masra soulignent qu'une grâce présidentielle permet de supprimer ou réduire une peine, mais n'efface pas la condamnation elle-même. Or, la condamnation de Succès Masra à 20 ans de réclusion criminelle est devenue définitive après le rejet de son pourvoi en cassation par la Cour suprême en mai 2026.
Selon ses avocats, seule une amnistie votée par le Parlement permettrait d'effacer les conséquences juridiques de cette condamnation. Ils ont appelé la représentation nationale à adopter une telle loi « dès que possible ».
Pour analyser cette actualité, Eric Topna reçoit trois invités :
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