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Tribunal pénal économique : Florimond Muteba dénonce les résistances politiques à sa mise en place

Mediacongo · Joslin Lomba · 12 octobre 2026 · Source originale

Six mois après l’annonce de la création du Tribunal pénal économique et financier en République démocratique du Congo (RDC), sa mise en place effective reste attendue. Dans une interview accordée ce lundi 12 octobre à MédiaCongo Press, Florimond Muteba, président du conseil d’administration de l’Observatoire de la dépense publique (ODEP), met en cause le manque de volonté politique, qu’il associe à la persistance de l’impunité et au copinage au sein de la classe politique.

« Nous tous avons mis notre espoir dans ce projet-là. Il y a tellement de gens qui n’ont pas intérêt à voir ce genre d’initiative aboutir. Il y a le règne de l’impunité, le copinage. Nous avons une classe politique de prédateurs. C’est une élite corrompue dont on ne peut rien attendre de positif en ce qui concerne l’amélioration de la gouvernance économique de notre pays », a déclaré Florimond Muteba.

Le président du conseil d’administration de l’ODEP estime que les responsables appelés à soutenir cette réforme sont eux-mêmes confrontés aux questions de gestion des finances publiques. Il cite notamment les dossiers des lampadaires et des forages, dont il critique les suites judiciaires, ainsi que des soupçons de détournements liés à certains contrats de la Société nationale d’électricité (SNEL).

« Quand il y a des crimes économiques, cela tombe dans l’impunité. Rappelez-vous la question des lampadaires et des forages : où en sommes-nous ? Il y a eu des gens qui ont été innocentés et d’autres relaxés. C’est toujours la même élite politique qui est au pouvoir aujourd’hui », a-t-il affirmé.

Florimond Muteba a également appelé le chef de l’État à instruire la Première ministre afin qu’un audit de la SNEL soit réalisé en urgence. Il évoque des centaines de millions qui auraient été détournés dans le cadre de contrats qu’il qualifie d’opaques. Ces allégations nécessitent toutefois d’être étayées par des éléments documentaires ou les conclusions d’enquêtes compétentes.

« Cette réforme a besoin de volonté politique »

Pour le responsable de l’ODEP, la création du Tribunal pénal économique et financier constitue une étape importante dans la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. Il estime néanmoins que cette juridiction ne pourra remplir sa mission sans ressources suffisantes et sans un engagement politique concret.

« Cette réforme nous intéresse, nous, le peuple. Mais cette réforme a besoin de volonté politique. Il faut des moyens pour faire fonctionner ce tribunal, mais ce qui manque, c’est tout simplement la volonté politique », a-t-il soutenu.

Selon Florimond Muteba, la corruption s’est profondément enracinée dans la société congolaise, y compris au sein de l’élite dirigeante. Il considère que cette situation contribue aux résistances contre la création de structures judiciaires chargées de poursuivre les infractions économiques et financières.

« Personne ne doit aimer qu’on mette en place des structures ennemies », a-t-il conclu, dénonçant ce qu’il perçoit comme des réticences au sein de la classe politique.

La mise en place effective du Tribunal pénal économique et financier demeure ainsi un enjeu de gouvernance publique. Son opérationnalisation devra notamment se traduire par des moyens adaptés, des garanties d’indépendance et des procédures judiciaires permettant de traiter les infractions économiques et financières conformément à la loi.

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