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Ce week-end, plusieurs aéroports et infrastructures énergétiques ont été visés par une série d'attaques.

DW Afrique · Georges Ibrahim Tounkara · 12 octobre 2026 · Source originale

Le conflit au Moyen-Orient connaît une nouvelle dégradation.

Ce week-end, plusieurs aéroports et infrastructures énergétiques d'Arabie saoudite ont été visés par une série d'attaques revendiquées par les rebelles houthis du Yémen .

Ces attaques marquent une intensification sans précédent depuis le début de la guerre au Yémen en 2014 .

Les rebelles, proches de l'Iran, ont annoncé avoir mené quatre opérations d'envergure en l'espace de 24 heures, mobilisant des missiles balistiques, des missiles de croisière et des drones.

Selon les Houthis, l'aéroport international de Riyad a été ciblé à plusieurs reprises à partir de vendredi soir. Une première attaque, samedi, a provoqué la mort de 13 personnes et fait 309 blessés.

Parmi les victimes, figurent des ressortissants de plusieurs nationalités, notamment saoudienne, bangladaise, américaine, égyptienne, argentine, syrienne, palestinienne, soudanaise et indienne.

Dimanche, une nouvelle frappe contre l'aéroport a causé la mort d'un ressortissant pakistanais et blessé onze autres personnes. À la suite de ces attaques, les autorités ont prolongé la fermeture de l'aéroport de 24 heures.

Les Houthis affirment également avoir visé deux installations du géant pétrolier Aramco : le site gazier de Shugadam et une raffinerie située à Tanajib, dans l'est du royaume.

Une quatrième opération aurait ciblé l'aéroport international de Dammam, provoquant des perturbations du trafic aérien selon les rebelles.

Face à cette série d'attaques, le ministère saoudien de l'Énergie a reconnu ce lundi que les infrastructures du royaume étaient "mises à l'épreuve"

"Ces circonstances ont mis à l'épreuve nos infrastructures, nos institutions, nos équipes et notre résilience" , a déclaré Abdulaziz ben Salmane. Il s'exprimait lors d'une conférence sur l'énergie à Ryad, où doit également parler dans la journée le patron du géant pétrolier saoudien Aramco - dont les infrastructures sont sous le feu des Houthis pro-iraniens depuis des semaines.

Téhéran, principal soutien régional des Houthis, a exprimé sa "vive préoccupation" face à la dégradation de la situation sécuritaire dans la péninsule Arabique.

"Nous sommes vivement préoccupés par l'évolution de la situation dans la péninsule arabique ", a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, sans condamner ces attaques, mais en précisant que Téhéran était disposé à "faciliter le dialogue entre les parties" au conflit.

Dimanche, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, s'est entretenu par téléphone avec son homologue saoudien. Fayçal ben Farhane. Selon l'agence officielle iranienne Irna, le ministre iranien a estimé qu'une approche exclusivement militaire risquait d'aggraver davantage la situation et a plaidé pour une solution politique.

Les Houthis sont un mouvement politico-militaire issu de la minorité zaïdite, une branche du chiisme présente dans le nord du Yémen. Longtemps marginalisés par le pouvoir central dominé par les sunnites, ils ont lancé une insurrection en 2004 pour défendre leurs intérêts politiques, religieux et sociaux.

Avec le soutien de l'Iran, le mouvement a progressivement renforcé son influence. Aujourd'hui, les Houthis contrôlent la capitale Sanaa, ainsi qu'une large partie du territoire yéménite, où vit la majorité de la population.

Les Houthis font également partie de ce que Téhéran appelle "l'Axe de la résistance", une alliance de mouvements armés hostiles à Israël comprenant notamment le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien et plusieurs groupes chiites irakiens.

Après plusieurs années d'accalmie relative, les affrontements entre les Houthis et le gouvernement yéménite ont repris avec intensité ces derniers mois, faisant craindre un nouvel embrasement régional .

Lors des 60 dernières années, les Houthis ont souffert d'un manque de reconnaissance. Pendant longtemps, ils se sont sentis marginalisés et discriminés par les sunnites au pouvoir au Yémen. D'où la guerre qu'ils ont lancée à partir de 2004 pour retrouver de la fierté et du pouvoir. Ce qui fonctionne puisque les Houthis contrôlent désormais 30 % du Yémen et deux tiers de la population. De groupe rebelle à maîtres d'un tiers du Yémen, l'ascension des houthis est impressionnante et s'explique aussi par le soutien de l'Iran. Car les Iraniens sont chiites, tout comme les Houthis.

Ce week-end, plusieurs aéroports et infrastructures énergétiques ont été visés par une série d'attaques. — CongoNews