Journée internationale de la fille : la RDC fait reculer le mariage des enfants de 37 % à 29 %, annonce la ministre Micheline Ombae

Le monde célèbre ce 11 octobre la Journée internationale de la fille. À Kinshasa, elle a coïncidé avec la clôture de la 12e édition du Forum international des élites féminines, une première en RDC. Placée sous le thème « Mettons fin au mariage des enfants et investissons dans les droits des filles ! », la cérémonie a permis à la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, de faire du mariage précoce l'axe central de son allocution.
Devant des parlementaires, des diplomates, dont la ministre déléguée chargée de l'Éducation du Tchad, et des partenaires, dont l'Unicef, la ministre a salué des progrès tangibles : le taux de mariage des enfants est passé de 37 % à 29 %. « L'action publique peut produire des résultats », a-t-elle estimé, avant de nuancer : le pays ne saurait se satisfaire d'avancées « tant que la dernière fille demeure exposée à cette pratique ».
Micheline Ombae Kalama a rappelé qu'environ 650 millions de femmes et de filles vivent dans le monde avec les conséquences d'une union contractée durant l'enfance, et que l'Afrique subsaharienne reste particulièrement touchée. Elle a invoqué la Déclaration de Dakar du 11 octobre 2025, par laquelle les filles africaines réclament le droit d'étudier et de voir leurs droits respectés.
La ministre a mis en garde contre l'impact du conflit dans l'Est du pays, où, selon elle, les déplacements forcés, la promiscuité dans les camps et la déscolarisation exposent davantage les filles aux violences et aux unions précoces. Elle a imputé cette situation à la guerre menée par l'AFC/M23, soutenu par le Rwanda.
Pour la ministre, la lutte contre ce fléau ne peut se limiter aux lois et à la sensibilisation. Elle doit s'attaquer à la pauvreté, aux inégalités et à la dépendance économique, en garantissant aux filles l'accès à l'éducation, à la santé, à la formation professionnelle et aux opportunités économiques.
Le gouvernement s'appuie notamment sur le programme présidentiel « Debout jeune Congolais », la Politique nationale de l'enfant, récemment validée, et la campagne « Tolérance zéro immédiate ». Son ministère entend poursuivre l'agenda national de la fille et réviser le Plan d'action national pour mettre fin aux mariages d'enfants.
La ministre Ombae a enfin lancé un appel aux décideurs, aux partenaires, à la société civile, aux familles et aux leaders communautaires. Elle a aussi interpellé les hommes et les garçons, invités à devenir des alliés au nom de la « masculinité positive ».