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Au Sénégal, les influenceurs mobilisés contre la vie chère

DW Afrique · Saikou Seydi · 2 septembre 2026 · Source originale

Depuis plusieurs semaines, des internautes sénégalais dénoncent sur les réseaux sociaux, la hausse des dépenses quotidiennes des ménages et appellent les pouvoirs publics à prendre des mesures. C’est dans ce contexte qu’est né le hashtag #30JoursPourLeJustePrix. Une initiative citoyenne portée notamment par l’activiste Momar Assane. Il estime que " les prix ne sont pas uniformes sur le marché".

Momar Assane explique qu'" on peut aujourd’hui avoir un prix à la Médina, qui est un quartier de Dakar, qui est différent aujourd’hui de notre prix à la Centenaire, alors que c’est dans la même zone économique. Donc cette initiative-là vient aujourd’hui documenter, alerter et signaler tous ces impairs-là. »

Documenter les écarts de prix, mais aussi faire entendre la colère des consommateurs, c’est également l’objectif affiché par Bathie Drizzy, influenceur et co-initiateur du mouvement. Avec plus d’un million d’abonnés sur les réseaux sociaux, il entend utiliser sa forte audience pour interpeller directement les autorités.

Selon lui, "depuis l’inflation, il y a un mutisme qu’on ne comprend pas de nos autorités. Il n’y a pas d’explication, il n’y a rien, il n’y a pas de réaction. Donc on a dit qu’on va se faire entendre pour essayer d’avoir quelque chose de concret, par exemple des baisses de certains prix, ou peut-être des subventions de certains produits, comme le riz qui est en train de nous tuer, et aussi des solutions pour le loyer qui coûte cher au Sénégal".

Une mobilisation citoyenne qui trouve un écho favorable auprès de l’Association des consommateurs du Sénégal, L’ACOSEN . Son président, Momar Ndao, affirme que l’association réclame depuis plusieurs années une meilleure régulation des prix de certains produits de première nécessité.

"Maintenant, il y a beaucoup de prix de produits de première nécessité qui ne sont pas administrés. Et nous, nous avons appelé l’État depuis plusieurs années à les administrer, tels que la viande, le poisson, le lait, le café, etc. Tant que le gouvernement ne va pas s’orienter vers l’administration de ces produits-là, il y aura toujours des spéculations. Si on voit que des gens essayent de mener le même combat que nous, nous ne faisons que saluer cette initiative-là."

L’initiative est également saluée par de nombreux habitants. Toutefois, ce chef de famille estime que les citoyens ne se mobilisent pas assez sur les questions qui concernent l'ensemble de la société :

"l’initiative n’est pas mauvaise. Mais le problème du pays c’est que les gens délèguent les combats de société à une minorité ce qui fait que tous nos combats de société n’arrivent pas à avoir un impact positif parce que c’est juste un groupe de personne qui va porter le combat, et tu ne verras pas la population se l’approprier et sortir dans la rue."

À travers le hashtag #30JoursPourLeJustePrix, les initiateurs espèrent donc transformer l’indignation virtuelle en mobilisation citoyenne. Leur objectif : mettre en lumière les écarts de prix, interpeller les autorités et obtenir des mesures concrètes pour soulager le quotidien des Sénégalais .