Dialogue national : lancement d’une synergie pour faire participer les victimes des guerres aux discussions

Cette initiative vise notamment à faire participer les victimes des conflits aux discussions sur le dialogue national annoncé par le président de la République.
Prenant la parole au nom de cette nouvelle structure, son coordonnateur, Dieudonné Nkishi, a plaidé pour que les victimes des guerres, des massacres et des déplacements forcés soient reconnues comme une composante à part entière du prochain dialogue national.
Il a insisté sur la nécessité de prendre en compte leurs revendications dans la recherche de solutions durables aux conflits qui affectent le pays.
Dieudonné Nkishi a expliqué que la création de cette synergie repose sur la conviction qu’aucune paix durable ne peut être construite sans la participation effective des personnes qui ont subi les conséquences des conflits.
Il a précisé que cette initiative ne vise ni à revendiquer des privilèges ni à concurrencer les autres acteurs du processus politique, mais à garantir une meilleure représentation des victimes.
Le coordonnateur de la SIVOD-RDC a également déploré la place accordée aux victimes lors des précédentes initiatives de dialogue et de concertation en RDC. Selon lui, les discussions ont souvent privilégié les arrangements politiques et institutionnels, sans accorder une attention suffisante aux questions de vérité, de réparation, de dignité et de mémoire des populations affectées par les violences.
À l’approche du dialogue national annoncé par le chef de l’État, Dieudonné Nkishi a ainsi appelé à un processus inclusif, patriotique et orienté vers la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État.
Pour faire entendre les préoccupations des victimes, la synergie a présenté deux principales exigences. La première consiste à obtenir leur reconnaissance officielle comme une composante autonome du dialogue national, distincte des délégations politiques, des groupes armés et de la représentation générale de la société civile.
Pour Dieudonné Nkishi, cette représentation spécifique doit permettre aux victimes de défendre des préoccupations qui ne se limitent pas au partage du pouvoir ou aux arrangements institutionnels.
La deuxième exigence concerne la mise en place, à l’issue du dialogue national, d’une commission vérité, réconciliation et justice transitionnelle. Cette structure devrait contribuer à répondre aux attentes des victimes en matière de vérité, de justice, de reconnaissance et de réparation, tout en favorisant la réconciliation entre les communautés affectées par les conflits.
La déclaration de création de la synergie, lue par Jules Maheshe, membre de cette plateforme, fait état des conséquences des conflits et des violences enregistrés au cours des trois dernières décennies, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, ainsi que dans d’autres parties du territoire national, dont le Grand Bandundu, le Kasaï et le Kongo Central.
Les organisations signataires évoquent notamment les pertes en vies humaines, les déplacements forcés, les destructions de biens, les violences sexuelles, les traumatismes, les spoliations et les disparitions. Elles soulignent que les victimes restent en quête de vérité, de justice, de reconnaissance, de réparation et de réconciliation.
En créant la Synergie pour la voix des victimes oubliées des dialogues en RDC, les organisations participantes entendent ainsi coordonner leurs actions et porter leurs revendications d’une seule voix dans les espaces de dialogue et de réflexion consacrés à l’avenir du pays, particulièrement dans le cadre du processus de dialogue national annoncé par le président de la République.