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New Delhi en Inde, sous haute surveillance à la veille d'une manifestation

DW Afrique · Abdoulaye Sadio Diallo · 9 octobre 2026 · Source originale

New Delhi s'apprête à faire face à une nouvelle manifestation ce samedi 10 octobre 2026.

Une protestation à l'initiative de l'opposition, qui exige la démission du président de la commission électorale (CEI), Gyanesh Kumar.

Le parti du Congrès et le mouvement des "cafards" dénoncent depuis quelques semaines une réforme électorale qu'il a piloté et qui a entrainé la radiation de 130 millions d'électeurs inscrits, selon les décomptes de certains médias indiens.

Le "Parti du peuple des cafards" (CJP), un mouvement apparu sur les réseaux sociaux au printemps et qui grâce à ses mobilisations de rue avait obtenu la démission du ministre de l'éducation en juillet dernier, a lancé un appel à la jeunesse pour se mobiliser samedi à New Delhi pour exiger le départ de M. Kumar.

Initialement, cette révision massive des listes électorales lancée en 2025 avait pour objectif d''assainir les fichiers en retirant les doublons, les électeurs décédés et les fraudeurs.

Mais selon les opposants, cette politique chercherait surtout à matérialiser deux objectifs : exclure les minorités, principalement les musulmans et les couches les plus vulnérables de la population, tout en favorisant le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti du Premier ministre indien Narendra Modi, l'ultranationaliste hindou.

La CEI a rejeté les accusations d'irrégularités dans le processus de révision des listes électorales.

Plus de 20 000 policiers ont été mobilisés dans la capitale rapporte l'agence de Press Trust of India (PTI). Des journalistes de l'AFP ont également constaté l'installation de plusieurs barricades autour de Jantar Mantar, haut lieu de manifestations à New Delhi.

Sollicitées par la police, les autorités locales, de leur côté, ont ordonné la fermeture de 57 stations de métro à partir de vendredi soir et jusqu'au lendemain. La manifestation, enfin, n'a pas été autorisée.

Le CJP a affirmé jeudi que des "miliers" de jeunes avaient été interpellés de manière préventive par les forces de l'ordre.

Sur les reseaux soxiaux, un des leaders du mouvement, Saurave Das, a accusé la police de Delhi de se comporter comme la " milice privée du BJP ". La police de la capitale n'a pas réagi à ces accusations.

Ce vendredi, le fondateur du CJP, Abhijeet Dipkem, a assuré que ces agissements ne pourront pas taire le mouvement.

"Ces intimidations resteront sans effet, Modi " a t-il déclaré, précisant que " la jeunesse de ce pays n'a plus peur de toi " . Il a également annoncé son intention de se rendre a New Delhi des le lendemain: "J'atterris demain à Delhi et je me rendrai a Jantar Mantar, quoi qu'il arrive " .

Le 20 juillet 2026, des dizaines de milliers de personnes s'étaient mobilisées à New Delhi à l'appel du mouvement des "cafards" pour dénoncer de présumées fraudes massives aux examens universitaires, accusées d'avoir poussé plusieurs étudiants au suicide.

La manifestation avait été violemment reprimée par la police et les affrontements qui avaient suivi avaient fait au moins 180 blessés, dont deux tiers étaient des policiers selon les forces de l'ordre, tandis que les oranisateurs évoquaient de leur coté " plusieurs centaines de blesés.

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