Kabila : « Il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre du pouvoir actuel »

Joseph Kabila reproche au pouvoir de vouloir changer la Constitution « à tout prix ». Selon lui, cette démarche remettrait en cause le pacte républicain issu du dialogue intercongolais de Sun City.
Pour étayer ses accusations, l’ancien chef de l’État évoque la reprise des travaux parlementaires sur la proposition de loi relative au référendum, les campagnes de sensibilisation et les manifestations organisées par les partisans du pouvoir en faveur du changement constitutionnel, ainsi que la répression violente des manifestations opposées à ce projet.
L’ancien président met également en doute la portée politique de l’accord conclu entre Kinshasa et Washington sur les minerais critiques. Il accuse le chef de l’État d’« inconstance », lui reprochant de ne pas assumer ses échecs, de ne respecter ni sa parole ni ses promesses et de manquer à ses engagements.
Selon Joseph Kabila, cette attitude aurait fait perdre au chef de l’État « toute légitimité » aux yeux de la population. Il dénonce également le comportement de ceux qui étaient censés garantir le bon fonctionnement des institutions, les accusant d’avoir privilégié « la surenchère du culte de la personnalité ».
L’ancien président estime par ailleurs que les autorités congolaises se croient, à tort, assurées du soutien inconditionnel des États-Unis après la signature de l’accord sur les minerais critiques. Il rappelle qu’il s’agit d’un accord entre États, dont les droits et les obligations reposent sur « le principe de la continuité de l’État », et non sur le maintien des régimes politiques en place.
Sur le plan des droits humains et de la gouvernance, Joseph Kabila dénonce une aggravation des atteintes aux libertés et de la corruption.
Il affirme que les emprisonnements de cadres de l’opposition, d’activistes des droits humains, de journalistes et d’autres citoyens, ainsi que les assassinats et les massacres n’ayant donné lieu à aucune enquête judiciaire sérieuse ni à des sanctions, ont atteint « des records inédits ».
L’ancien chef de l’État critique également la gestion des ressources publiques et les pratiques contractuelles, estimant que « les contrats léonins, la corruption et le détournement ne se sont jamais mieux portés ».
Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila affirme que les propositions, mises en garde et conseils formulés dans son adresse du 23 mai 2025 ont été « superbement ignorés » par les gouvernants. Il soutient que la situation du pays « n’a cessé d’empirer » en raison de l’absence de changement dans les politiques publiques.
Il accuse notamment le pouvoir d’avoir fait le choix « politiquement intéressé » de poursuivre une guerre qu’il n’a « ni la volonté ni les moyens de gagner », malgré les revers répétés des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
L’ancien président reproche également aux autorités de ne pas respecter le cessez-le-feu signé à Doha et de collaborer avec les groupes Maï-Maï, qu’il présente comme ayant été « rebaptisés Wazalendo », les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et d’autres groupes armés étrangers.
Il les accuse aussi de fournir des armes à ces groupes et de bombarder des populations civiles.
Enfin, Joseph Kabila dénonce le « refus catégorique » du pouvoir d’engager un dialogue national véritablement inclusif, qu’il considère comme une voie nécessaire pour résoudre la crise politique et sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo.