Assemblée nationale : pour Boji, les réalisations des députés relèvent de la philanthropie, pas du mandat

Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a précisé le mercredi 7 octobre 2026 en plénière l’objet de l’inventaire que le Rapporteur de la chambre basse réclame aux députés. Il s’agit, selon lui, de recenser les infrastructures et les actions réalisées au bénéfice des populations, notamment dans la santé et l’éducation, pour les verser à l’évaluation des efforts de développement par circonscription. Il a dans le même mouvement rappelé aux élus que leur mission constitutionnelle est de légiférer et de contrôler l’action du gouvernement. Ce que demandait l’Assemblée nationale La clarification porte sur un document précis. Le communiqué signé le 5 octobre 2026 au Palais du Peuple par le Rapporteur, l’honorable Jacques Djoli Eseng’ekeli, invite les députés nationaux à transmettre à l’Office du Rapporteur, au plus tard le jeudi 15 octobre, les supports photos et vidéos de leurs réalisations dans leurs circonscriptions électorales . Le texte ne s’arrête pas aux images. Chaque réalisation doit être accompagnée de son coût financier et de l’indication du type d’ouvrage, école, pont, centre de santé ou route, ou de la nature de l’œuvre sociale, de l’investissement socio-économique ou de l’action humanitaire concernée. Le communiqué situe cette collecte dans l’élaboration d’un document consacré aux réalisations des députés nationaux dans leurs circonscriptions, au titre de la session ordinaire de septembre 2026. Il ne précise ni la forme finale de ce document ni la date de sa publication. Un inventaire, et son usage déclaré Le président de la chambre basse a décrit la démarche comme visant « essentiellement à dresser un inventaire exhaustif des infrastructures et des actions réalisées au bénéfice des populations », selon le compte rendu de l’Assemblée nationale. Les secteurs cités sont la santé, l’éducation et d’autres domaines. L’usage annoncé est une « évaluation globale des efforts consentis en faveur du développement des différentes circonscriptions ». La formule élargit le cadre : ce que l’inventaire doit mesurer, ce n’est pas le travail parlementaire d’un élu, mais ce qui a été fait dans son territoire. L’article 100 remis au centre Le deuxième temps de l’intervention est un rappel de droit. Aimé Boji a renvoyé les députés à l’article 100, alinéa 2, de la Constitution, qui fixe la mission fondamentale du Parlement : légiférer et contrôler l’action du gouvernement. Le texte constitutionnel est bref. Après avoir posé que le pouvoir législatif est exercé par un Parlement de deux chambres, il dispose que « le Parlement vote les lois » et qu’« il contrôle le Gouvernement, les entreprises publiques ainsi que les établissements et les services publics ». Deux fonctions, et elles n’incluent pas la construction d’ouvrages. Ces deux fonctions s’exercent, et elles sont documentées. L’Assemblée nationale a déclaré recevable le 28 septembre un projet de loi anticorruption de 144 articles , et un député a déposé le 1er octobre une question écrite au ministre de l’Emploi sur l’efficacité des contrôles de l’Inspection du travail . La première relève du vote de la loi, la seconde du contrôle. « Solidarité et philanthropie » : la ligne de partage C’est la qualification juridique qui fait la portée de la mise au point. Le président de l’Assemblée nationale a rangé les réalisations personnelles des élus dans un registre distinct de leur mandat : elles relèvent, selon les termes du compte rendu, d’un « élan de solidarité et de philanthropie ». Il ne les a pas pour autant désavouées. Il a félicité et encouragé les députés pour leur « engagement philanthropique », à travers les actions sociales et les réalisations qu’ils entreprennent au profit de leurs bases, et appelé à valoriser ces initiatives sans perdre de vue les responsabilités constitutionnelles qui incombent aux représentants du peuple. La ligne tracée est donc double. L’inventaire est légitime et encouragé, mais il recense de la philanthropie, pas l’exécution d’un mandat. Ce que les députés y verseront ne pourra pas être lu, dans ce cadre, comme la mesure de leur travail parlementaire. Le compte rendu de la chambre indique que cette clarification a été accueillie positivement par les élus. Aucun débat ni aucune intervention de député n’y est rapporté. Le communiqué du 5 octobre réclame le coût financier de chaque réalisation, mais ni lui ni la clarification du 7 octobre n’indiquent l’origine des fonds mobilisés, ni si cette origine fait partie des informations attendues. La destination du document n’est pas davantage fixée. Le communiqué parle d’un document consacré aux réalisations des députés, la plénière d’une évaluation globale des efforts de développement par circonscription. L’échéance, en revanche, est ferme. Il reste une semaine aux 500 députés pour déposer leurs pièces à l’Office du Rapporteur. La session ordinaire de septembre, dont le calendrier a été adopté à l’ouverture , se referme en décembre. À lire aussi Les députés invités à transmettre avant le 15 octobre photos, vidéos et coûts de leurs réalisations Le projet de loi anticorruption déclaré recevable, 144 articles en commission Éric Tshikuma exige des comptes sur les contrôles de l’Inspection du travail L’Assemblée nationale adopte le calendrier de la session de septembre 2026 The post Assemblée nationale : pour Boji, les réalisations des députés relèvent de la philanthropie, pas du mandat appeared first on BETO .