Jean Bamanisa à Expo béton RDC 2026: « Le secteur privé a besoin de quatre choses pour renflouer les caisses de l’État »

Le secteur privé congolais est prêt à prendre sa part pour la construction d’une ville durable. Il demande trois choses qui ne coûtent rien au Trésor : des normes claires, un contrôle réel, des marchés attribués à la compétence. Et une quatrième qui semble en coûter : alléger la fiscalité sur les BTP. C’est un placement : le secteur rendra au Trésor plusieurs dizaines de milliards. Ces propos ont été tenus par le sénateur et Président d’Expo Béton, Jean Bamanisa, le mercredi 7 octobre 2026, à l’ouverture de la 12e édition de ce salon de construction. Pour le promoteur d’Expo Béton, la dynamique de transformation urbaine ne peut reposer uniquement sur l’action publique. Elle nécessite également une implication accrue du secteur privé, notamment dans la construction, les infrastructures et l’immobilier. Des normes claires pour mieux construire Le premier besoin exprimé concerne la mise en place de normes claires et adaptées au contexte congolais. Dans un secteur où la qualité, la sécurité et la durabilité des ouvrages sont devenues des enjeux majeurs, les acteurs des BTP souhaitent disposer de règles précises permettant d’encadrer les projets et de sécuriser les investissements. Cette question figure d’ailleurs parmi les principaux thèmes de cette édition d’Expo Béton, aux côtés du contrôle technique et de la régulation du secteur des BTP. Un contrôle réel des travaux Pour le secteur privé, construire davantage ne suffit pas : encore faut-il garantir que les ouvrages réalisés respectent les normes et les exigences techniques. Un contrôle effectif doit ainsi permettre de lutter contre les constructions non conformes et de favoriser une meilleure qualité des infrastructures publiques comme privées. Des marchés attribués à la compétence L’attribution des marchés sur la base de la compétence. Pour les opérateurs du secteur, une plus grande transparence dans la sélection des entreprises permettrait de favoriser les sociétés disposant des capacités techniques et professionnelles nécessaires pour réaliser les ouvrages dans les délais et selon les standards requis. Cette approche est présentée comme un moyen de renforcer la confiance entre l’État et les entreprises, mais également d’améliorer l’efficacité de la dépense publique. Alléger la fiscalité sur les BTP Ici, il est question de l’allègement de la pression fiscale qui pèse sur le secteur des BTP. Si, une réduction de certaines charges fiscales pourrait apparaître comme une perte pour le Trésor public, l’argument défendu par le secteur privé est différent : une fiscalité plus incitative pourrait permettre aux entreprises de développer leurs activités, d’investir davantage, de multiplier les chantiers et, à terme, d’élargir la base des contribuables. Autrement dit, l’enjeu serait de privilégier une fiscalité capable d’accompagner la croissance du secteur plutôt que de freiner les investissements. Jean Bamanisa est d’avis que la construction de villes durables passe par un partenariat plus structuré entre l’État et le secteur privé. Les entreprises demandent des règles lisibles, un contrôle efficace, une sélection fondée sur les compétences et un environnement fiscal permettant aux BTP de se développer. L’enjeu dépasse ainsi la seule construction de bâtiments. Il s’agit de créer les conditions permettant au secteur privé de produire davantage, d’investir davantage et, par effet d’entraînement, de contribuer davantage aux recettes de l’État et à la transformation des villes congolaises. Nadine FULA