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Didier Mumengi au Parlement des étudiants : « Nous ne reconstruirons pas le Congo si nous ne reconstruisons pas d’abord la conscience historique du Congolais»

Matininfos · Rédaction Matininfos.net · 7 octobre 2026 · Source originale

Didier Mumengi, écrivain et homme politique congolais a répondu présent au Parlement des étudiants, le mardi 6 octobre 2026 au centre culturel Boboto de Kinshasa. Arguments à l’appui, il explique comment la reconstruction de la République Démocratique du Congo nécessite d’abord la reconstruction de la conscience historique du Congolais . Pour Didier Mumengi, « Nous sommes devant une chaîne psycho-historique complexe : les violences historiques, enfouies dans le silence historiographique et privées de possibilités de verbalisation expiatoire, contribuent, couche après couche, à la formation d’une mémoire traumatique ; celle-ci, à son tour, affecte les représentations de soi, le regard porté sur l’autre, sur notre passé, sur nos impensés et sur notre avenir ; ces représentations, en aval, alimentent des mécanismes de transmission intergénérationnelle, principalement psychologiques, sociaux et culturels, dont certaines manifestations peuvent prendre des formes dissociatives, décidophobiques et autodestructrices ». A l’en croire, de la traite négrière à nos jours, ces violences progressivement inculturées et sédimentées dans les imaginaires collectifs ont, selon toute vraisemblance, contribué à produire ce qu’il propose d’appeler un « code anthropologique traumatique ». il s’agit, explique-t-il, d’un ensemble altéré de représentations, de dispositions, de réflexes collectifs et de modes de rapport à soi, à l’autre, au pouvoir, à la mémoire et à l’avenir, subconsciemment intériorisés, sous l’effet de la répétition non réflexive, de la sédimentation des expériences psychopathogènes et de la transmission intergénérationnelle de schèmes traumatiques. Banalisation des vices Et à force de perpétuer un corps social profondément psycho-endommagé, la société congolaise en vient, progressivement, à banaliser la mort, la violence, les massacres de masse et, plus largement, le mal. Ainsi au cœur de cette continuité historique, faite de violences, de ruptures mémorielles, de silences pathologiques, d’effacements historiographiques consentis et de transmissions traumatiques intergénérationnelles, Mumengi entrevoit ce qu’il propose d’appeler le « Syndrome d’Auto-Destruction Sociétale Postcoloniale ». Un syndrome qui se manifeste aujourd’hui en RDC à travers trois psychopathologies sociétales majeures. Il parle de l’injurisme cultuel : une pathologie de la parole publique où l’invective et la ferveur irrationnelle se substituent au savoir, à l’argumentation critique, au discernement intellectuel subtil et au débat raisonné ; du règne décomplexé des vices : une déchéance comportementale résultant de l’affaiblissement des vertus cardinales indispensables à la dignité humaine et au bien-vivre ensemble : ainsi que de l’’insensibilité socio-civique : une anomie émotionnelle collective, nourrie par la culture du sauve qui-peut et une doctrine de survie atomisée selon laquelle « tout se peut » et « presque rien n’est interdit ». Pour lui, trois grands mécanismes découlent de ce syndrome. Mécanismes du syndrome d’autodestruction sociétale postcoloniale Le premier, c’est la dépréciation de soi inculturée. Le deuxième, la rupture civilisationnelle dissociative qui nous a conduits à l’accoutumance, d’une part, de la tribalisation paralysante de la politique et, d’autre part, de la politisation destructrice des tribus congolaises ; le troisième, enfin, c’est la violence coloniale intériorisée et retournée contre nous-mêmes. Du constat de cet entrelacs crisique et réifiant découle une question fondamentale : « comment construire une mémoire suffisamment restauratrice de la grandeur civilisationnelle de notre humanité, pour que, de Muntu-Hotep, notre ancêtre primordial, aux martyrs du GENOCOST »? Mumengi conclut par cette conviction : « Nous ne reconstruirons pas le Congo si nous ne reconstruisons pas d’abord la conscience historique du Congolais. » « Et nous ne reconstruirons pas cette conscience historique si nous ne réécrivons pas notre histoire nationale de manière autobiographique. C’est-à-dire : par nous-mêmes d’abord, et pour nous-mêmes surtout. José Mafuta L’article Didier Mumengi au Parlement des étudiants : « Nous ne reconstruirons pas le Congo si nous ne reconstruisons pas d’abord la conscience historique du Congolais» est apparu en premier sur MATININFOS.NET - Information de la RDC en toute impartialité .

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