Transport fluvial : les baleinières en bois interdites de navigation dès le 15 novembre

La mesure phare prendra effet à partir du 15 novembre 2026. À compter de cette date, la navigation des baleinières en bois sera interdite sur l’ensemble du territoire national.
Dans plusieurs communications rendues publiques ce même mardi, le vice-premier ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a instruit le secrétaire général aux Transports de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer l’application de cette interdiction sur le fleuve Congo, ses affluents, les différents cours d’eau ainsi que les lacs du pays.
Pour garantir l’effectivité de cette nouvelle réglementation, le ministère des Transports entend s’appuyer sur les forces de sécurité. La Police nationale congolaise (PNC) et la Force navale sont ainsi appelées à veiller au strict respect de l’interdiction. Elles pourront notamment procéder à l’interception et, le cas échéant, à la saisie des embarcations qui ne se conformeraient pas à la mesure.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une succession d’accidents et de naufrages meurtriers sur les voies navigables congolaises, relançant le débat sur l’état des embarcations, les conditions de navigation et le respect des normes de sécurité.
Pour éviter que l’interdiction des baleinières en bois ne perturbe le déplacement des personnes et l’acheminement des marchandises, le gouvernement prévoit également des mesures visant à assurer la continuité du transport fluvial.
Le directeur général de l’ONATRA a ainsi reçu instruction de déployer, sans délai, les unités flottantes disponibles, notamment les péniches métalliques, les pousseurs et les barges, sur les principaux axes de son réseau d’exploitation.
L’entreprise publique devra également optimiser et diversifier ses itinéraires, en accordant la priorité aux axes enregistrant les plus importants flux de passagers et de marchandises.
Cette orientation rejoint les efforts déjà engagés par le gouvernement pour remplacer progressivement les embarcations en bois. En août 2026, Jean-Pierre Bemba avait notamment annoncé la mise en œuvre d’un projet pilote de construction de péniches métalliques. Une première unité, capable d’accueillir jusqu’à 98 passagers, avait alors été livrée par la Régie des voies fluviales (RVF), tandis que deux autres étaient en cours d’achèvement dans les chantiers de l’ONATRA. Le gouvernement avait affiché l’objectif de disposer, à terme, d’une centaine de ces embarcations.
Le renforcement de la sécurité repose également sur l’amélioration de la surveillance et de la navigabilité des voies d’eau. Le ministère des Transports a récemment annoncé l’acquisition de 26 hors-bords équipés de moteurs de 250 chevaux, dont 20 déjà livrés pour les opérations de patrouille. Quatre pousseurs neufs doivent également être affectés aux missions de sauvetage.
Ces mesures visent à réduire les risques d’accidents et à améliorer la sécurité du transport sur les voies navigables de la RDC, tout en accompagnant la modernisation progressive du secteur.
L’application effective de ces nouvelles dispositions constituera toutefois un enjeu majeur, notamment dans les zones où les baleinières représentent l’un des principaux moyens de déplacement des personnes et d’acheminement des marchandises.