RDC : Amnesty International appelle Tshisekedi à créer une juridiction spéciale pour les crimes commis depuis 1993

Pour Amnesty, plus de 3 décennies de violences ont laissé derrière elles des familles endeuillées, des victimes de violences sexuelles, de torture et de déplacements forcés, mais aussi de nombreux dossiers judiciaires qui sont restés sans suite. L’organisation s’appuie notamment sur le Rapport Mapping des Nations unies, qui avait documenté des crimes commis par des forces congolaises et étrangères ainsi que par différents groupes armés.
Dans la foulée, l’organisation établit également un lien entre les anciens crimes et les violences qui continuent dans l’Est de la RDC. Elle cite notamment les exactions commises à Kishishe en 2023, les détentions illégales, les actes de torture et les demandes de rançon signalés à Goma et Bukavu. Amnesty évoque aussi les attaques perpétrées par les ADF dans les territoires de Beni, Lubero (Nord-Kivu), Mambasa et Irumu (Ituri). Elle évoque, en même temps, des violations graves dont sont responsables des éléments des forces armées congolaises et des groupes armés qui les soutiennent.
La campagne ne vise donc pas seulement les auteurs présumés appartenant aux groupes armés actifs dans l’Est. Amnesty demande que le futur mécanisme puisse enquêter sur tous les acteurs soupçonnés de crimes relevant du droit international, quelle que soit leur nationalité. Pour l'organisation, l’objectif est de permettre aux victimes d’obtenir justice et d’éviter que les responsabilités soient écartées en fonction de l’appartenance des auteurs.
Amnesty demande aussi que le mécanisme bénéficie de garanties d’indépendance et de moyens suffisants pour mener les enquêtes et engager des poursuites. L’organisation souhaite que ses rapports avec les juridictions congolaises et la Cour pénale internationale soient clairement définis. Elle demande également que les victimes puissent participer aux procédures, bénéficier d’une assistance juridique et obtenir des réparations lorsqu’une responsabilité est établie.
Dans son appel, Amnesty invite directement les citoyens à adresser un message à Félix Tshisekedi pour demander la création de ce mécanisme judiciaire internationalisé.
Selon Amnisty, la campagne cherche à obtenir une mobilisation autour de la justice pour les victimes des crimes commis en RDC depuis 1993, étant donné que plusieurs dossiers restent sans aucune suite judiciaire jusqu'à ces jours.