RDC : Teddy Lwamba explique les contraintes climatiques sur la desserte électrique

La baisse saisonnière des eaux et l’augmentation des besoins fragilisent l’approvisionnement électrique en RDC. Le Directeur Général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Teddy Lwamba, a exposé ces contraintes, ce jeudi 1er octobre 2026, lors d’un briefing presse, animé avec le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, sur l’état des lieux et les solutions à la desserte électrique. Pour expliquer les difficultés actuelles, le dirigeant est revenu sur l’évolution de la demande. Il rappelle que les installations de production répondaient autrefois aux besoins d’une économie comptant moins de grands consommateurs. L’expansion du secteur minier a progressivement accru la pression sur les capacités disponibles. À Kinshasa, cette évolution s’accompagne d’une forte croissance démographique. Teddy Lwamba évoque le passage d’une ville de 5 millions d’habitants à une agglomération d’environ 20 millions. Cette comparaison illustre son raisonnement : davantage de ménages, de quartiers et d’activités sollicitent une alimentation électrique dont les capacités doivent suivre cette progression. Les importations ont permis de compléter la production nationale. Mais le Directeur Général souligne les limites de cette réponse et insiste sur la nécessité d’augmenter la production interne. À cette pression structurelle s’ajoute une contrainte saisonnière. La production hydroélectrique utilise la force de l’eau pour faire fonctionner les turbines. Une baisse de la ressource peut donc réduire la puissance disponible. « Dans cette période précisément, de juillet jusqu’à la mi-octobre, il y a une baisse drastique du niveau de l’eau », explique Teddy Lwamba. Il évoque également des mises à l’arrêt volontaires de machines dans ces conditions. Une centrale peut ainsi disposer d’une capacité installée sans pouvoir la mobiliser entièrement à chaque instant. Le Directeur Général rapporte un pic de puissance injectée de 700 mégawatts sur Kinshasa, avant la dégradation décrite. Ce chiffre, nuance-t-il, désigne un niveau atteint, pas une alimentation garantie en permanence. Le retrait d’un groupe du réseau, puis la baisse des eaux, ont réduit les disponibilités, indique-t-il. Lorsque l’électricité manque, la SNEL recourt au délestage. Le principe consiste à alimenter les zones à tour de rôle avec la puissance disponible. Cette rotation répartit l’approvisionnement, mais impose des interruptions aux abonnés. Pour améliorer la desserte, Teddy Lwamba évoque les interventions sur le réseau et les investissements dans la production. Il souligne cependant deux difficultés financières : le recouvrement des factures et des tarifs insuffisamment rémunérateurs pour certaines nouvelles sources d’énergie. « C’est la raison pour laquelle nous avons recherché des solutions d’urgence », déclare-t-il. Parmi les pistes présentées figurent les centrales flottantes, destinées à apporter une production supplémentaire. Dans son exposé, cette option répond à un besoin immédiat, tandis que le renforcement des installations doit accompagner durablement la croissance de la consommation. Flory MUSISWA
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