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Ituri : « La CRP n’est pas une communauté, la CODECO non plus », les forces vives mettent en garde contre les amalgames

Mediacongo · MediaCongo · 1 octobre 2026 · Source originale

La Société civile du Congo (SOCICO), l’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI) et le Conseil provincial de la jeunesse ont appelé, jeudi 1er octobre 2026 à Bunia, à éviter toute communautarisation des violences enregistrées ces derniers jours dans la province, particulièrement dans le territoire de Djugu.

Dans une déclaration conjointe intitulée « L’Ituri dit assez », ces structures expriment leur inquiétude face à la nouvelle dégradation de la situation sécuritaire, après plusieurs mois d’accalmie relative dans une partie de la province, alors que le territoire de Mambasa continuait notamment de subir des attaques attribuées aux ADF.

Les signataires situent le regain des tensions autour du 20 septembre. Ils évoquent notamment des informations faisant état de la présence présumée d’éléments armés dans ou autour de certains sites de déplacés à Bunia.

Les organisations reviennent particulièrement sur la situation du site de Kigonze, marqué ces derniers jours par des opérations sécuritaires, des tirs et le départ de nombreuses familles.

« Un site de déplacés ne doit jamais devenir une base pour les groupes armés et les déplacés ne doivent jamais servir de boucliers humains », déclarent-elles, appelant à préserver le caractère civil des sites et à assurer la protection des populations.

Dans le territoire de Djugu, les forces vives évoquent également les récents affrontements impliquant notamment les FARDC, la Convention pour la Révolution populaire (CRP) et la CODECO dans plusieurs localités.

Selon leur déclaration, les violences enregistrées notamment autour de Liko, Uzi, Blukwa-Mbi, Rhoo, Maze, Largu, Lenga et Kparanganza auraient entraîné des pertes en vies humaines, des enlèvements, des pillages de bétail, des destructions de biens ainsi que de nouveaux déplacements de population.

« Pendant que les acteurs armés se combattent, c’est la population qui fuit et qui perd ses biens », déplorent les signataires dans la déclaration lue par Deogratias Bungamuzi, président du Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri.

« Un combattant n’est pas une communauté »

Face aux risques d’amalgame, les trois structures insistent sur la nécessité de dissocier les groupes armés des communautés auxquelles certains de leurs membres pourraient être associés.

« La CRP n’est pas une communauté. La CODECO n’est pas une communauté. Un combattant n’est pas une communauté », affirment-elles.

Elles rejettent ainsi toute lecture des violences actuelles comme une confrontation généralisée entre communautés Hema et Lendu.

« Aucun Hema, aucun Lendu et aucun membre des 21 communautés de l’Ituri ne doit être collectivement rendu responsable des actes commis par des individus ou des groupes armés », soulignent-elles.

Des appels aux groupes armés, aux FARDC et au gouvernement

À la CRP, les signataires demandent la cessation des attaques, des enlèvements et de toute présence armée dans les espaces civils. Ils l’appellent également à respecter son cessez-le-feu annoncé et à privilégier le processus de paix.

À la CODECO, ils demandent le respect des engagements pris dans le cadre des processus de paix d’Aru, la cessation des attaques contre les civils et le rejet de toute logique susceptible d’alimenter les tensions communautaires.

Les FARDC sont, de leur côté, appelées à poursuivre leurs opérations dans le respect du droit international humanitaire et de la distinction entre civils et combattants. Les organisations demandent également le renforcement des opérations contre les ADF à Mambasa et contre les groupes armés qui poursuivent les violences.

Au gouvernement et aux partenaires humanitaires, elles recommandent d’identifier les zones réunissant effectivement les conditions de sécurité nécessaires au retour des déplacés et de garantir que tout retour soit volontaire, sûr et digne, accompagné notamment d’un accès aux services essentiels et aux moyens de subsistance.

Enfin, la SOCICO, l’UNADI et le Conseil provincial de la jeunesse appellent les communautés de l’Ituri à se désolidariser des groupes armés, à combattre les discours de haine et à éviter toute manipulation susceptible de transformer les violences armées en tensions entre communautés.

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