Une campagne pour réclamer justice en RDC

La campagne "6 millions de voix pour la justice au Congo" est portée par l'organisation Amnesty International.
L'initiative vise à recueillir six millions de signatures à travers une pétition, afin de réclamer justice pour les victimes du conflit en République démocratique du Congo, qui dure depuis plus de trente ans.
À Goma, dans le quartier de Kasika, Noël Chiza, 37 ans, affirme n'avoir jamais connu la paix . Victime de nombreuses violences au cours de sa vie, ce père de cinq enfants s'indigne de voir certains de ceux qu'il considère comme ses bourreaux occuper aujourd'hui des postes de responsabilité dans les institutions publiques, plutôt que de répondre de leurs actes devant la justice.
"Nous sommes nés en guerre, nous grandissons en guerre, nous avons vécu des atrocités de tout genre et nous risquons même de mourir en guerre. C'est pourquoi nous ne pouvons pas continuer à récompenser ceux qui ont commis des crimes en les intégrant dans les institutions, que ce soit au niveau local ou national", a témoigné Chiza.
Les six millions de signatures recherchées par Amnesty International font référence au nombre estimé de personnes décédées à la suite des conflits dans l'est de la RDC.
Mais derrière ce chiffre se trouvent aussi des millions d'autres victimes, moins visibles, qui sont toujours en vie. Parmi elles, celles qui, comme Josué Wallay, ont été contraintes de fuir leur région d'origine.
"Aujourd'hui, je suis déplacé à Kinshasa, loin de ma communauté et de mon cadre de vie, à cause des conflits qui sévissent dans l'est de la RDC. Ce déplacement n'est pas un choix de confort ; c'est une rupture avec mon environnement, mes habitudes, mes activités et une partie de ce qui donnait un sens à mon quotidien. Les conflits m'ont affecté à plusieurs niveaux", a expliqué Josué Wallay.
Pour Raphaël Wakenge, défenseur des droits humains engagé dans la campagne « 6 millions de voix pour la justice au Congo » , la lutte contre l'impunité est indispensable pour parvenir à une paix durable en République démocratique du Congo.
"La justice congolaise souffre non seulement d'un manque de capacités, mais aussi d'un manque de volonté politique. Nous avons besoin d'une justice capable d'apporter des réponses aux victimes, notamment à travers des réparations. Nous appelons toutes les personnes solidaires des victimes congolaises à se joindre à cette campagne."
À travers cette campagne, Amnesty International demande également que le 1er octobre soit décrété "Journée nationale de réflexion et d'action sur les crimes de droit international commis en République démocratique du Congo”.