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Bénin : de nouveaux bus universitaires pour soulager les étudiants

DW Afrique · Rodrigue Guézodjè · 1 octobre 2026 · Source originale

Après plusieurs années d'arrêt, le retour des bus était très attendu sur le campus d' Abomey-Calavi , où les étudiants troquent désormais les taxis-motos et les taxi-bus contre des trajets climatisés à bas coût.

À bord du bus universitaire de la ligne 8 d'Abomey-Calavi, la rentrée a un tout autre goût. Finis les tarifs imposés des taxi-moto " zémidjan" ou des taxis-bus "tokpa-tokpa".

"Avant, je dépensais 1 100 francs CFA par jour pour venir sur le campus. Mais maintenant, avec les transports universitaires, ça me coûte 400. L'aller et le retour. Deux fois 200 francs" explique Imane Sanni, en 3e année d'anglais, pour qui l'économie est immédiate.

Un soulagement vital quand le budget transport privait parfois les étudiants, comme Ruth Adjadé, du strict minimum.

"L'argent du zémidjan et autres, ça pompe vraiment. On n'arrive plus à faire des économies. Parfois, on rentre sans même manger" assure-t-elle.

Au-delà du portefeuille, c'est aussi un gain de sécurité et de sérénité face aux intempéries ou aux risques de retards. Merveille Sifonnou, en 2e année de droit, s'en réjouit.

Elle raconte qu'aujourd'hui, par exemple, "il y a une pluie qui s'est annoncée. Si c'était les zém, je serais mouillée. Mais le bus, ça nous permet d'être hors de danger. En plus, le bus peut nous permettre aussi, lors des examens, de ne pas arriver en retard, et aussi de réviser les cours pendant le trajet."

Autre nouveauté : l'accès à bord est entièrement numérisé. Exit la paperasse, tout se passe sur smartphone , comme l'explique le contrôleur, Fabrice Houéto.

"Pour pouvoir payer le ticket, il faut d'abord que vous soyez étudiant dans les universités publiques du Bénin . Maintenant, vous allez sur le site univers-service.bg et vous avez accès à la plateforme. Vous achetez un ticket, le code QR est bon, on scanne, vous montez et c'est tout" précise-t-il.

Malgré le succès du réseau, certains étudiants regrettent qu'il n'y ait pas plus de bus. Sortie de cours à 13h, Lidwine a raté l'horaire de départ de quelques minutes et se voit contrainte, comme beaucoup, de reprendre un taxi-bus privé.

Elle dit avoir "fini les cours à 13 heures" mais "le temps que je quitte mon amphi et que je vienne, le bus de 13 heures était déjà en train de partir. Il ne restait que celui de 16 heures. J'ai décidé de prendre le bus simple. Les bus universitaires sont mieux que ceux-ci, clairement."

Un problème de fréquence ou de nombre de bus ? Pas pour la direction du Centre des œuvres universitaires, qui défend une répartition stratégique des 63 bus sur tout le territoire national. Ghislaine Fagbohoun, la directrice du Cous.

Selon elle "c'est réglé parce que nous avons fait une répartition en tenant compte du nombre d'étudiants qu'il y a dans chaque université. C'est pour ça que l'UAC, la plus grande université qui a le plus grand nombre d'étudiants, en a reçu 35, l'UNA et l'UNSTIM ont reçu dix chacune et l'UP en a reçu huit."

Si le maillage soulage déjà des milliers de familles, l'enjeu des prochaines semaines sera de régler la fréquence des passages pour ne laisser aucun étudiant sur le trottoir.

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