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Certains enseignants publient sur la toile des vidéos de leurs élèves. Cela suscite des critiques.

DW Afrique · Julien Adayé · 30 septembre 2026 · Source originale

En Côte d’Ivoire , les réseaux sociaux s’invitent désormais jusque dans les salles de classe.

Pour certains enseignants, publier sur les réseaux sociaux des activités réalisées en classe permet de montrer le travail des élèves et de partager leur quotidien avec les parents. Mais cette pratique est loin de faire l’unanimité.

À l’école internationale du savoir «"Les Émeraudes", la règle est claire. Chérif Alassane, le directeur, affirme qu’il est interdit de photographier ou de filmer un élève sans l’autorisation de l’administration.

"A partir du moment où l'enfant est identifiable et que la vidéo est publiée sur un réseau social, on n'est pas simplement dans un acte pédagogique, on est aussi dans une diffusion de l'image d'un mineur. Et là, la question de l'autorisation même des parents ou de la protection de l'enfant, ou de l'utilisation de son image, devient quand même essentielle. Donc, pour nous, ici, il est strictement interdit de le faire.’’

Les enfants sont concentrés sur leurs exercices. Les enseignantes Anne et Francine veillent sur eux sans leur téléphone. Pour ces institutrices, pas question de publier les images ou les vidéos des élèves sur les réseaux sociaux.

"Aujourd'hui, les gens sont prêts à faire ce qu'ils veulent pour avoir de la visibilité. Le fait qu'elles soient en zone rurale, je pense qu'elles abusent de leur pouvoir. Les parents soient ignorants, c'est pour ça qu'elles le font’’, estime Anne.

‘’Ce sont les enfants et les enfants ont des droits. Je ne le ferais pas parce que je trouve que, déjà, utiliser l'image d'un enfant, il faudrait d'abord avoir l'accord des parents", ajoute pour sa part Francine.

Car dès qu’un enfant apparaît sur une image diffusée en ligne, une autre question se pose : celle de son droit à l’image et de la protection de ses données personnelles.

Pour Cyriac Gbogou, expert en innovation et transformation numérique, publier une information sur les réseaux sociaux, c’est perdre une partie du contrôle. Il rappelle que diffuser l’image d’une personne sans son autorisation peut constituer une violation des règles relatives à la protection des données personnelles.

" C 'est un gros manque de culture numérique qui emmène les gens à avoir ce type de dérive. Il faut savoir que le droit à l'image de l'élève et de n'importe qui est un droit respecté en Côte d'Ivoire et ça fait partie des données à caractère personnel. Et là encore, nous sommes avec des mineurs, donc des enfants. Qui dit enfant, dit forcément l’accord d'un tuteur légal. Le premier principe, c'est que quand tu finis de publier, tu ne sais pas ce que quelqu'un peut faire de cette image, ou de cette vidéo. Aujourd'hui, malheureusement, il y a beaucoup de personnes très malveillantes sur les réseaux sociaux, donc ces inconnus-là peuvent faire ce qu'ils veulent, surtout des prédateurs sexuels. En plus, lorsqu'on publie ces informations, rien qu’avec la tenue de l'enfant, on peut imaginer dans quelle école il est. La vidéo peut avoir une géolocalisation dans les métadonnées. Aujourd'hui, dans certains pays, on voit des enfants se faire kidnapper, demander des rançons aux parents, il y a tout ça", explique Cyriac Gbogou.

Entre la volonté de montrer le travail réalisé à l’école et la nécessité de protéger les enfants, la question reste donc entière : peut-on utiliser l’image d’un élève pour valoriser son apprentissage ?

La réponse est non, car derrière l’objectif d’un téléphone, le droit à l’image de l’enfant ne doit pas être oublié.

Certains enseignants publient sur la toile des vidéos de leurs élèves. Cela suscite des critiques. — CongoNews